Onkelinx: "Face à l'échec du fédéral, la nécessaire réduction du temps de travail"

Le Parti socialiste a décidé de placer sa rentrée sous le signe de la réduction du temps de travail. Un thème cher aux rouges, mais des propositions – semaine des quatre jours en tête – aussitôt descendues en flèche par les autres formations politiques.

"Au PS, on rase gratis et on rêve éveillé", a ainsi lancé le député fédéral David Clarinval (MR). Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA), a jugé de son côté que le PS organisait les "soldes d'été".

Par la voix de Catherine Fonck, même le cdH, partenaire du PS en Régions, juge que le parti d'Elio Di Rupo fait miroiter une illusion au citoyen, tout en annonçant la mort de nombre d'entreprises si cette mesure venait à être appliquée.

Un solution face à "l'échec du gouvernement" ?

Mais, la cheffe de file PS à la Chambre, Laurette Onkelinx, n'en démord pas : la réduction du temps de travail est "nécessaire en termes d'augmentation de l'emploi", assure-t-elle ce mardi Matin Première.

"Il y a quelque chose qui ne marche pas en matière du soutien du gouvernement fédéral à l'emploi. C'est un échec de cette politique-là puisqu'à chaque fois le Premier ministre dit : 'Ma priorité, c'est jobs, jobs, jobs'. Et on voit que ça n'a pas marché."

"La réduction du temps est un terme moderne qui va dans le sens de l'histoire", lance la socialiste reprenant à son compte la formule de son président Elio Di Rupo. "Et à chaque fois que c'est sur la table, on a les mêmes réactions."

Notons toutefois qu'Ecolo s'était également montré en faveur de cette semaine des quatre jours en avril dernier lors de l'un de ses "Ecolab", proposant 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire.

"Sur le terrain, ça se négocie déjà"

Laurette Onkelinx assure que, "sur le terrain", patrons et syndicats s'accordent déjà sur ce type de réduction de temps de travail. "Ça se négocie, dans tous les secteurs, parce que c'est un besoin de bien-être et de qualité de l'emploi pour les travailleurs, mais c'est aussi un besoin des entreprises parce qu'il y a un lien direct entre la diminution du temps de travail et l'augmentation de la productivité."

Mais jusqu'où aller ? Le PTB suggère par exemple la semaine des 30 heures. Pour la cheffe de file, "passer la tout de suite de 38 heures à 30 heures par semaine, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire, on peut le dire, mais ça ne se fera pas. C'est vraiment mentir au travailleur que de dire que c'est possible".

Un test pilote à Bruxelles Propreté

Le PS préconise donc une "multiplication des soutiens et les expériences par secteur pour avoir des formules qui seront nécessairement différentes pour le temps de travail".

Exemple cité par la femme forte du PS : une expérience qui sera menée à Bruxelles Propreté, entreprise publique. Les quatre jours par semaine y seront appliqués. Objectifs avancés : "améliorer la qualité de l'emploi et créer de l'emploi".

En Wallonie, ajoute-t-elle, Paul Magnette veut également mettre ce système en place au niveau de l'administration de la Région.

"Dans d'autres secteurs, les quatre jours ne seront pas possibles. Et là, on peut soutenir, par exemple par des réductions de cotisations sociales ciblées, une diminution du temps de travail qui va de pair avec un autre type d'organisation de travail."

Sur les traces du PTB ?

Certains voient derrière cette rentrée politique socialiste une tentative de rattraper le PTB dans la course aux sondages. La gauche radicale avait effectivement déjà proposé cette mesure il y a un an et demi.

Laurette Onkelinx balaie la remarque : "Quand j'étais ministre de l'Emploi, je l'ai mise en pratique, et nous n'avions pas cessé d'en faire notre priorité. Et quelles que soient les convictions des uns et des autres, à gauche comme à droite, le PS reste sur sa lancée en la matière, parce que c'est le sens de l'histoire, la modernité dans le débat sur l'emploi".

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