ONDRAF: un nouveau scandale des rémunérations?

Des administrateurs qui touchent des jetons de présence, alors qu'ils n'assistent à presque aucune réunion? Comme une sensation de déjà-vu... Mais cette fois, cela concerne le niveau fédéral, au conseil d'administration de l'ONDRAF, l'organisme qui gère les déchets radioactifs.

L'ONDRAF est-il face à un scandale de rémunérations? La question se pose alors que plusieurs administrateurs ont touché des sommes astronomiques pour des prestations très réduites.

24.000 euros bruts en 4 ans. C’est la somme la plus impressionnante qui a été perçue par un administrateur Ecolo, Hugues Latteur. Il a démissionné en janvier 2015, mais sa démission n'a pas encore été actée malgré des demandes répétées, dit Hugues Latteur. Il continue donc à toucher des indemnités. 

Une situation kafkaïenne

Ce qui interpelle est la perception, par les administrateurs, de 548 euro par mois, sans devoir nécessairement assister aux réunions du Conseil d'administration. Ce que Hugues Latteur ne s'explique pas non plus.

L'administrateur Ecolo s'est déjà exprimé sur la question. Il affirmait samedi ne pas avoir dépensé cet argent et qu'il rembourserait la somme une fois sa démission actée. Il décrit "une situation kafkaïenne".  Mais depuis, tout s'accélère et, finalement, Hugues Latteur n'attendra pas sa démission effective pour rembourser le montant litigieux, soit les 12.600 euros reçu depuis 2014.
Hugues Latteur avait siégé pour Ecolo au gouvernement bruxellois en 2006. Il n'a assisté à aucune réunion entre 2014 et 2016 et à une seule en 2017. Il a toutefois perçu 6000 euros par an d'indemnités forfaitaires.

La co-présidente d'écolo Zakia Khattabi déclare avoir découvert avec surprise que la démission de l'administrateur écolo n'était pas actée et exige, comme il s'y est engagé, que l'argent "indûment perçu" soit remboursé.

Le gouvernement bruxellois renvoie au Fédéral

Son départ n'a toutefois jamais été officialisé. "J'ai contacté à plusieurs reprises les différents cabinets des ministères en charge du dossier", détaille Hugues Latteur à l'agence Belga. "En mars dernier, j'ai envoyé une lettre recommandée à la ministre Marghem, sans recevoir de réponse. L'acte officiel de ma démission ne tombe pas pour une raison que j'ignore." Les rémunérations continuent à être versées tant que son remplacement n'est pas acté, ajoute-t-il. Hugues Latteur indique toutefois qu'il n'a pas dépensé cet argent et qu'il le remboursera dès la communication officielle de son départ.

Contactée par nos soins, le cabinet de Céline Fremault, ministre bruxelloise de l'Environnement précise que l'administrateur ecolo "n'a jamais formellement" adressé un courrier de démission, mais demandait toujours si un remplaçant lui avait été trouvé. Un remplaçant qui a été signifié à la ministre Marie-Christine Marghem vers juillet 2016 par le gouvernement bruxellois.

Le cabinet ajoute que la lettre de démission doit d'ailleurs être adressée au Conseil d'administration de l'ONDRAF, et non au gouvernement bruxellois.

Des administrateurs MR et PS

Mais d’autres cas sont interpellants, tels ceux des administratrices Cécilia Vermeulen (MR) et Vanessa Teixeira Dos Santos (PS). Toutes les deux auraient touché 20.500 euros de rémunérations pour 4 réunions en 4 ans. Depuis, elles ont toutes les deux déménagé, l'une en Chine, l'autre au Royaume-Uni. Mais elles continuent de percevoir ces jetons de présence.

Marie Christine Marghem et Kris Peeters, les deux ministres en charge de l'ONDRAF n’ont pas encore réagi, mais ont fait savoir qu'ils allaient demander des explications à la présidente du Conseil d'administration de l'organisation.

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