"On réfléchit sur le défi climatique, la qualité de l'agriculture est un enjeu citoyen"

Le ministre wallon de l'Agriculture et de la Ruralité était l'invité de Jacques Cremers, ce vendredi matin, sur La Première en radio en direct de la Foire de Libramont.

René Collin (cdH) attend toujours une réponse de l'IRM pour voir si cette sécheresse est reconnue comme exceptionnelle et si c'est le cas, enclencher le fonds des calamités pour indemniser les agriculteurs. 

En attendant, le ministre affirme suivre avec ses collaborateurs la situation de près. Son cabinet a sollicité l'accord de la Commission européenne pour préfinancer davantage le payement de la politique agricole commune (PAC) et demander de valoriser les jachères, les inter-cultures. Des contacts ont aussi été pris au niveau bancaire et les agriculteurs en difficultés sont suivis par ses services. 

Une transition climatique

"Pour le long terme", poursuit René Collin, "cela fait maintenant quelques années qu'avec la recherche, et on y consacre à peu près 25 millions d'euros par an, on travaille aussi sur la transition climatique, on réfléchit sur le défi climatique".

"Demain on ne plantera plus les mêmes essences qu'il y a 50 ou 100 ans. L'adaptation c'est évidemment quelque chose qui se travaille avec l'apport de la recherche"

"La qualité de l'agriculture est un enjeu citoyen"

Selon le ministre cdH, "la Wallonie n'est pas une agriculture agro-industrielle. C'est une agriculture familiale, c'est une agriculture qui est liée au sol, c'est une agriculture de proximité"

D'ailleurs, si "c'est vrai que le nombre d'agriculteurs a diminué", en Wallonie, "nous avons eu une progression du nombre d'agriculteurs (cela n'était plus arrivé depuis une centaine d'années)" entre 2015 et 2016, "avec une légère perte, un peu plus d'1%, fin de l'année 2017, alors que la Flandre, par exemple, perd de 3 à 4% d'agriculteurs chaque année". 

Cette évolution, on l'a doit à "notre modèle qui est différent" : "On investit beaucoup dans l'agriculture biologique (cela représente 91% en Wallonie de ce qui est produit en bio en Belgique). On a aussi évidemment un développement des circuits-courts qui est exponentiel. On a sur les 12.000 fermes wallonnes plus de 1300 fermes qui transforment et distribuent leurs propres produits"

Des agriculteurs qui doivent être rémunérés à leur juste valeur

A la question de la réforme de la PAC (la politique agricole commune mise en place à l'échelle de l'Union européenne) qui risquerait de provoquer une perte de 350 millions d'euros pour les agriculteurs wallons, René Collin répond que la Belgique continue à se battre au niveau européen : "On veut obtenir de l'UE un budget global plus conséquent qui tient compte du Brexit et permet à l'Europe d'assumer ses responsabilités pour l'agriculture"

Parallèlement, le ministre affirme que "les agriculteurs en ont marre des subventions et des primes. Ce qu'ils demandent c'est qu'on rémunère leur travail à leur juste prix"

René Collin travail beaucoup en ce sens. L'agriculteur "doit être mieux considéré dans la filiale agro-alimentaire", dit-il, "avec aussi la nécessité de mettre davantage de valeur ajoutée à nos produits avec l'innovation, avec la diversification, avec les circuits-courts, avec le bio, avec la qualité différenciée"

"Un enjeu majeur pour notre civilisation"

"C'est un enjeu de société", clame le ministre wallon, "c'est la qualité de l'alimentation, de notre environnement, de notre bio-diversité" qui est en jeu. 

"Nous en Wallonie, on a une agriculture qui se revendique de qualité, qui d’ailleurs est reconnue comme telle à travers le monde. On doit répondre à la demande des citoyens. C'est un enjeu citoyen, et donc cela veut dire aussi que les citoyens se sentent très concernés par l'avenir de l'agriculture"

Et de conclure : "Il faut créer du lien entre la société et les agriculteurs. Ces derniers veulent jouer la transparence et la confiance. C'est un enjeu majeur pour notre civilisation"

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