"On pleure pour avoir plus de profs mais on ajoute un critère de sélection démotivant qui fait peur"

"On pleure pour avoir plus de profs mais on ajoute un critère de sélection démotivant et qui fait peur"
"On pleure pour avoir plus de profs mais on ajoute un critère de sélection démotivant et qui fait peur" - © RTBF La Première

La réforme de la formation initiale des enseignants a été adoptée par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce mercredi matin. L'objectif est de mieux former les enseignants. La formation des instituteurs et des régents passera de 3 à 4 ans à la rentrée 2019 : trois ans dans une Haute École comme aujourd'hui, puis une année supplémentaire à l'université.

Opaline Meunier, la présidente de l’Unecof (l’Union des étudiants de la communauté française) a souhaité aborder le sujet dans Débats Première avec Bertrand Henne et Jean-Michel De Waele, professeur à l'ULB.

Pour Opaline Meunier, l'accord sur la réforme était inattendu mais est une bonne chose. Toutefois, une question importante reste en suspend, celle de l'examen de connaissance de la langue française.

"Avant de commencer leurs trois années d'études, c'est-à-dire en première bac, un test sera organisé et permettra aux étudiants d'évaluer leur niveau de français. L'intérêt de ce genre de test non contraignant, c'est-à-dire non sélectif, est de pouvoir dire à l'étudiant, " là tu as une grosse lacune il va falloir bosser ou au contraire, lui dire qu'il a le niveau attendu. " C'est très important et nous souhaitons même l'élargir à d'autres formations."

Le vrai problème pour Opaline Meunier se situe au niveau du Master : "lorsqu'on souhaite après un bachelier en chimie par exemple, compléter son cursus avec un Master en éducation, il y aura un test de connaissance de la langue français et dans ce cas-ci, il sera contraignant. Ce qui nous inquiète, c'est cette question : ne va-t-on pas vers de plus en plus de sélection, trop de sélection ? On pleure pour avoir des profs dans l'enseignement obligatoire mais on ajoute un critère de sélection assez démotivant et qui peut faire peur."

Opaline Meunier continue cette réflexion en posant la question du budget : "n'y a-t-il pas une logique, que l'on ne veut pas nous avouer, de placer des examens d'entrées un peu partout de façon assez insidieuse pour ensuite nous dire " mais vous voyez, ça marche ", nous n'avons pas besoin d'augmenter l'enveloppe fermée du budget."

L'exigence de la langue française, oui mais différemment

Pour Jean-Michel De Waele, il n'y a pas de doute non plus sur le fait que les enseignants doivent avoir un niveau de français impeccable mais, opposé aux examens d'entrée, il préférerait des tests plus informels : "l'idée de pouvoir dire à l'étudiant, tout au long de son cursus, "attention, ton niveau de langue française n'est pas suffisant est une meilleure idée". Pouvoir le juger et l'accompagner plutôt que de lui faire passer un seul test."

Opaline Meunier argumente dans le même sens en proposant une option supplémentaire : "pourquoi ne pas ajouter un choix de mineure " renforcement en langue française " ou développer des critères de contrôle pendant le cursus ?"

Créer des ponts entre toutes les universités et hautes écoles

Jean-Michel De Waele pointe également un autre problème qui n'a pas encore trouvé de solution, celui du lieu de réalisation de cette année supplémentaire : "pour moi, c'est dépassé de se demander où l'étudiant doit réaliser cette année. Il ne faut pas que le pilier catholique travaille uniquement avec le pilier catholique parce que ça montrerait un repli sur lui-même du monde catholique plutôt qu'une ouverture sur les grands défis du 21ème siècle."

Un sentiment que partage Opaline Meunier : "je pense qu'il faut respecter le fait que les recteurs puissent choisir de travailler ensemble parce qu'ils se connaissent et ont déjà des systèmes de co-diplomation en place mais, dans le même temps, il faut adopter un certain réalisme économique et socio-économique."

▼▼ Retrouvez l'intégralité de la séquence ▼▼

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK