"On ne peut nier le fait que la robotisation et le numérique détruisent des emplois"

C'est l'un des grands débats de ces dernières années concernant l'emploi: quel impact la numérisation et la robotisation ont-elles sur l'emploi? Sur le plateau d'A votre avis, la question a créé débat entre l'administratrice générale du Forem Marie-Kristine Vanbockestal et Vincent Reurter, le président de l'Union Wallonne des Entreprises (UWE).

"On ne peut nier le fait que la robotisation et le numérique détruisent des emplois, a déclaré Marie-Kristine Vanbockestal. Quand on dit ça, on vous rétorque que le numérique recrée de l’emploi. La question à se poser: est-ce que cela en recrée autant?" L'administratrice générale du Forem n'a pas de réponse toute faire à cette question. Mais selon elle, il va falloir s'adapter à de nouveaux types d'emplois. "En tout cas, ce ne sont pas les mêmes emplois. C’est le grand challenge des politiques d’emploi et de la formation: c’est anticiper les profils qui seront présent dans l’économie numérique. A côté de cela, je n’ai pas de boule de cristal".  

Cela reste à prouver

Que la robotisation et la numérisation détruisent des emplois, "cela reste à prouver", rétorque Vincent Reuter, le président de l'UWE. "Si vous prenez les grandes restructurations que l’on a connues ces dix dernières années, je voudrais bien savoir lesquelles sont dues à la robotisation, il n’y en a pratiquement aucune". Quand à une éventuelle recréation de l'emploi grâce au développement des nouvelles technologies, Vincent Reuter estime qu'il est "difficile de se faire une idée de la tendance". "Mais j’ai des témoignages d’entreprises dans lesquelles, non seulement l’emploi n’a pas été réduit, mais où parce que la robotisation a été considérée comme un instrument d’augmentation de la productivité, des possibilités à l’export, des entreprises sont devenues plus concurrentielles, et il y a eu aussi une augmentation de la main d’œuvre". De là à penser que nous serons tous remplacés par des robots au travail d'ici 2050? "Ce n’est en tout cas pas une fatalité", répond Vincent Reuter.

Pour Thierry Bodson, le secrétaire de la FGTB wallonne, il faut anticiper ces changements. "Ce qui manque à moyen terme, c’est d’avoir une véritable cellule d’anticipation qui permettrait aux entreprises qui vont être confrontées au problème de pouvoir ensemble réfléchir sur des chaînons de production beaucoup plus longs, estime-t-il. De quelle façon peut-on faire en sorte de ne pas perdre trop d’emplois, voire d’augmenter l’activité économique? Cela, c’est quelque chose qui manque".

 

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