"On est sur la bonne voie pour maîtriser complètement cette épidémie en septembre, octobre" estime Yves Coppieters

La vaccination des jeunes de 16 et 17 ans est donc officiellement lancée. La Wallonie a envoyé ses premières invitations. Près de 84.000 jeunes sont concernés. Mais la vaccination des jeunes est-elle vraiment bénéfique ? Sur le plateau de QR l’actu, Jean-Michel Dogné, directeur du département de pharmacie de l’UNamur estime que l’avantage est double. Le bénéfice est individuel et collectif :" Le bénéfice individuel est moindre que pour les personnes plus âgées. Il n’empêche pour des jeunes qui présentent des comorbidités, le conseil supérieur de la santé a recommandé la vaccination en priorité après les tranches d’âges supérieures. Au niveau collectif, nous savons que nous cherchons à atteindre l’immunité collective autour des 70-80% de personnes vaccinées. Cette tranche d’âge représente à peu près 2% de la population, ils peuvent donc aider à atteindre cet objectif".

Pour Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB, la vaccination des jeunes peut également être utile en cas de voyage à l’étranger :" On peut imaginer que des jeunes vont voyager dans des pays où il y a des mutants ou encore une forte circulation du virus. Dans ces cas-là, la réflexion posée avec les parents ou avec son médecin généraliste me semble tout à fait pertinente. Si la vaccination est relativement homogène en Europe, il y a encore de nombreuses parties dans le monde où la vaccination ne suit pas faute de doses. Le virus continue donc de beaucoup circuler à l’échelle de la planète".

2e dose d’Astrazeneca, délai trop long ?

La vaccination des plus jeunes est donc lancée alors que de nombreuses personnes attendent encore leur 2e dose de vaccin. Cela peut d’ailleurs sembler illogique que des personnes souffrant de comorbidité soient au final vaccinées plus tard que d’autres. Jean-Michel Dogné précise que leur vaccination n’est pas plus tardive puisqu’ils ont bien reçu une dose de vaccin avant les autres. "Je peux rassurer les personnes dans ce cas. Une seule dose d’Astrazeneca après 3 semaines empêche plus de 90% des hospitalisations. Donc on évite clairement les formes sévères".

3e dose de vaccin ?

Cette possible troisième dose de vaccin est évoquée depuis quelques semaines. A raison pour Jean-Michel Dogné parce qu’on ne connaît pas encore avec précision la durée d’efficacité des vaccins. "La Belgique se prépare à l’éventualité d’une troisième dose. Notre pays a commandé à cet effet plus de 20 millions de doses supplémentaires sur les deux ans à venir. Outre le flou sur l’efficacité à long terme, il y a encore des inconnues sur l’efficacité face à d’autres variants éventuels. Il faut donc se prémunir de cela. Par ailleurs, il sera très clairement utile d’administrer une troisième dose aux patients immuno déprimés ou aux personnes âgées qui ont un système immunitaire moins efficace".

Quid des variants ?

Pour l’instant et dans l’état des connaissances, Yves Coppieters se montre rassurant sur l’efficacité des vaccins contre les variants. Michel Dogné ajoute que l’on fait toujours des prédictions sur des variants dès qu’on obtient des informations :"Actuellement, en Angleterre, c’est le variant delta donc le variant indien qui est dominant. On constate avec ce variant que les infections augmentent à nouveau mais pas les hospitalisations. C’est aussi une preuve de l’efficacité des vaccins".

Retour à la vie normale ?

Si cet été, on atteint les 80% de personnes vaccinées, pourra-t-on enfin revenir à une vie "normale"? Yves Coppiters ne cache pas qu’il est très difficile de faire des prédictions avec certitudes. Il n’empêche pour l’épidémiologiste, on est dans la bonne voie pour maîtriser complètement cette épidémie en septembre, octobre. Jean-Michel Dogné se veut également rassurant :"Nous avons vacciné plus de 90% des personnes les plus âgées, plus de 80% des personnes de plus de 55 ans et on va dans la même direction avec les plus jeunes. La vaccination est l’arme pour nous protéger du virus actuel mais également des variants. Maintenant, il faudra vivre avec le virus et des variants du virus. C’est ce que nous faisons chaque année avec la grippe."

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