"On espérait revoir nos amis, et on nous annonce qu'on va pouvoir faire du kayak": incompréhension face à la stratégie de déconfinement

Kayak. C’est un peu le symbole surréaliste de l’annonce du déconfinement dans un pays où il est roi (le surréalisme, pas encore le déconfinement). Un palindrome (mot qui se lit dans les deux sens), et surtout une activité désormais officiellement et explicitement autorisée… au contraire des rassemblements en famille. Une décision qui a aussitôt créé l’incompréhension sur les réseaux sociaux.

"Je peux aller avec 2 amis faire un jogging mais je ne peux pas voir ma famille. Je peux aller au bureau, au centre commercial, faire du kayak, prendre le bus mais je pourrais toujours pas voir ma famille. De qui se moque-t-on ?" tweete ainsi @Genevieve.

Se moquer, c’est aussi une spécialité belge, et on n’a donc pas compté les tweets tournant en ridicule cette décision du conseil de sécurité, un twittos comparant même le discours de Sophie Wilmès à du stand-up…

 

Et pourtant, ce n’est pas le politique qui a pensé au kayak : dans leur rapport (qui avait fuité mercredi), où les experts de l’Exit stratégie suggèrent une reprise partielle, ils plaidaient pour la réouverture des parcs et plaines de jeux… et le retour d’activités sportives extérieures comme le tennis, la pêche ou le golf et le kayak.

Alors, comment les experts ont-ils bien pu penser au kayak ?

Tout d’abord, il faut préciser que les experts recommandaient aussi l’autorisation des sports d’équipe, dans le cadre d’un club, une mesure finalement reportée à la phase 2, à partir du 18 mai. Le kayak aurait dès lors été un des nombreux sports praticables, parmi beaucoup d'autres.

Mais finalement, les sports évoqués dans la phase 1, à partir du 4 mai, doivent pouvoir se faire en extérieur, sans contact, et sans l’utilisation de vestiaires. Ils ne sont donc pas si nombreux…

Enfin, et surtout, les experts recommandaient en même temps, dès le 4 mai, le retour des réunions privées, limitées à 10 personnes, tandis que les commerces eux auraient attendu le 18 mai pour certains d’entre eux.

En opérant ses choix, et en faisant son shopping dans les mesures préconisées, et surtout en reportant le retour du contact social, le politique a abouti à cette incongruité de pouvoir faire du kayak avant de revoir ses proches.

Enfin, on signalera au passage, pour rester dans le surréalisme, que comme les déplacements non-essentiels restent en principe interdits, il faudrait pour pratiquer le kayak habiter au bord de la rivière, de façon à ne pas devoir s’y rendre, ni transporter l’embarcation en voiture….

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK