"On a privilégié l'économie à l'humain" : pas de visite pour la fête des mères, les réunions restent interdites jusqu'au 18 mai

Un déconfinement moins rapide qu'espéré: pas de visite pour la fête des mères, les réunions restent interdites jusqu'au 18 mai
Un déconfinement moins rapide qu'espéré: pas de visite pour la fête des mères, les réunions restent interdites jusqu'au 18 mai - © Phynart Studio - Getty Images

C’est la mauvaise surprise du point presse après plus de cinq heures de réunions du Conseil national de Sécurité (CNS) : alors que les fuites et les recommandations des experts laissaient espérer un assouplissement des restrictions pour autoriser à nouveau des rassemblements privés en petit nombre, les règles ne changeront pas avant le 18 mai au moins.

C’est seulement à cette date que sera envisagée la possibilité d’autoriser les réunions privées à domicile, ainsi que celle d’autoriser la présence d’un plus grand nombre de personnes aux mariages et enterrements.

Grosse déception notamment pour toutes les mamans qui vivent éloignées de leurs enfants et qui espéraient réunir la famille pour la fête des mères. "On pourra la fêter à la maison, mais sans ma maman, a réagi la Première Ministre Sophie Wilmès, et on sera nombreux dans ce cas. La réunion de famille, elle pourra avoir lieu quand les conditions seront remplies pour ouvrir les cercles, tout simplement. Personne ne trouve amusant des situations où on n’invite plus les amis chez soi, où on ne peut plus prendre ses parents dans les bras. Si ça pouvait se faire avec toutes les garanties, on le ferait. Si on ne le fait pas, ça n’est pas un jeu, c’est que ça n’est pas prêt".

Et de rappeler que le 18 mai n’est qu’une date-repère "mais il faudra monitorer les effets des précédentes mesures, et que les chiffres restent dans une zone acceptable pour passer à l’étape suivante. Peu importe que des dates aient été données à titre indicatif".

"On a privilégié l'économie à l'humain"

C'est une réaction qu'on lit beaucoup sur les réseaux sociaux: "On a privilégié l'économie à l'humain". Et... c'est en partie vrai. Sauf que, a insisté la Première Sophie Wilmès, l'économie, c'est aussi de l'humain.

En fait, des tensions sont apparues entre experts et politiques sur la question de la relance économique.

Le rapport du GEES mentionnait une réouverture des commerces de détail le 18 mai. Le CNS ne tient pas compte de cette recommandation et décide donc de rouvrir tous les commerces le 11 mai. Sophie Wilmès a parfaitement assumé cette décision, qui est "politique" : comme elle l’avait déclaré à la Chambre, ce jeudi, on ne pouvait plus discriminer certains commerçants, il fallait une égalité de traitement. 

Pour "compenser", le CNS recule d’une semaine l’ouverture d’un certain nombre de commerces prévue le 4 mai. Et surtout, retarde de deux semaines le retour des contacts sociaux. Les réunions de famille ou d’amis, l’élargissement des activités sportives, les entraînements en clubs, les excursions d’un jour, tout cela, les experts les recommandaient au 4 mai.

Il faudra donc attendre deux semaines de plus, de quoi permettre au commerce de reprendre une semaine plus tôt. Ce compromis politique, c’est donc, aussi, un message envoyé aux experts : si on ne respecte pas totalement vos recommandations, on essaie tout de même de "compenser".

 

 

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