"En cas de nouvelle réforme de l'Etat, les germanophones doivent être traités sur un pied d'égalité"

Olivier Paasch
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Olivier Paasch - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

A l'occasion de la fête de sa Communauté, ce mardi, le ministre-président germanophone, le libéral Oliver Paasch, a prononcé son traditionnel discours à Bruxelles, en présence de membres des différents gouvernements du pays et de nombreux ambassadeurs. Il n’a énoncé ni réelle revendication communautaire, ni demande de compétences supplémentaires, ni davantage d'autonomie dans certaines matières. Le numéro un germanophone a même plutôt couvert de louanges la bonne collaboration avec le fédéral. Mais, interrogé par Maxime Binet et Fabien Van Eeckhaut, Oliver Paasch se dit toujours prêt en cas de nouvelle réforme de l’État : "Pour nous il est important, si jamais il y a encore une réforme de l’État, que la communauté germanophone reste une entité fédérée traitée sur un pied d’égalité. La Belgique a réussi à unir sous un même toit des cultures très différentes, et à coopérer au sein d’une structure certainement compliquée, mais quand même à la fin efficace. Je pense qu’il faudra certainement, à un moment donné, réformer le système institutionnel belge, pour devenir plus efficace. Mais pour les germanophones, il est clair que, si jamais on opère une nouvelle réforme de l’État, nous voulons être traités, comme aujourd’hui, en tant qu’entité fédérée à part égale".

Verra-t-on un jour une Région germanophone ? "Cela peut être la conséquence, si jamais la Belgique devait le décider. Ce ne sera pas notre décision, en tant que germanophones, de fusionner par exemple Communautés et Régions. Vouloir être traités sur un pied d’égalité voudra dire à ce moment-là devenir une Région", poursuit Olivier Paasch.

Montée des populismes

Olivier Paasch a rendu hommage au Premier ministre Charles Michel et au ministre des Affaires étrangères Didier Reynders pour leur rôle dans le débat survenu autour de l'accord CETA avec le Canada. Il s'est par ailleurs réjoui du rôle joué par les entités fédérées dans cette crise, gouvernement de la Wallonie compris. Olivier Paasch a affirmé qu'il était toujours resté conscient de ses responsabilités et qu'il les a assumées pour aboutir finalement à un bon accord.

Le ministre-président s'est attardé sur la montée du populisme, tant aux États-Unis qu'en Europe. L'élection de Donald Trump ne facilitera pas les relations entre les deux continents, regrette-t-il.

En assumant un rôle d'intermédiaire entre la Belgique et le monde germanophone, Olivier Paasch s'est exprimé récemment dans divers médias allemands et autrichiens, pour réfuter les critiques, généralement d'inspiration populiste, exprimées envers la Belgique et son système institutionnel.

Il entend également défendre l'Union européenne face aux attaques dont elle est de plus en plus souvent la cible. Selon lui, ces critiques doivent cesser, mais de son côté, l'Union doit devenir plus démocratique et se montrer capable de répondre aux états de crise.

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