Olivier Maingain sur le cumul des mandats: "On ne change pas les règles du jeu en cours de partie"

Il l'assure, Olivier Maingain vit sa dernière rentrée politique en tant que président de parti. Si les électeurs à Woluwe-Saint-Lambert veulent bien lui renouveler leur confiance au 14 octobre prochain, il ne se représentera plus non plus aux élections législatives fédérales. Le chef de file du parti Défi était l'invité de Thomas Gadisseux dans Matin Première.

Depuis 23 ans, il siège au Parlement fédéral. Celui qui jongle entre sa casquette de député fédéral et celles de bourgmestre et de président de parti, promet que le cumul des mandats, c'est bientôt terminé, mais qu'il continuerait jusqu'aux élections. "Tout simplement par respect de la volonté des électeurs. Quand ils m'ont élu député, ils savaient que j'étais bourgmestre, et quand ils m'ont élu bourgmestre, ils savaient que j'étais député. Et ils m'ont bien élu à chaque fois. Donc, je trouve qu'on ne change pas les règles du jeu en cours de partie, c'est le respect de la volonté des électeurs." Une fois les mandats terminés, il n'y aura plus de possibilité de cumul en vertu des nouvelles règles que se sont promis d'appliquer le PS et Écolo, appuyés par une partie du CDH.

250.000 euros

Olivier Maingain va plus loin dans sa volonté de changer des principes archaïques qui permettent trop de choses aux politiques. Au terme de son mandat de député fédéral, il touchera un sacré pactole, 250.000 euros. Une somme rondelette qui se justifie par ce fameux cumul de mandat. Mais il entend bien changer les choses et revoir les règles d'indemnités de sortie de Parlement, et avant son départ même.

Il le concède, lors des prochaines élections, il faudra rétablir des politiques d'équité et rassurer la population qui a ressenti qu'un "certain nombre de mesures qui étaient finalement toujours unilatéralement au bénéfice de certaines catégories, voire de ceux qui sont quand même les plus favorisés". Olivier Maigain se veut aussi très critique à l'égard de cette sixième réforme de l'État qui était censée être plus efficace, plus proche des citoyens, et qu'elle allait permettre de faire des économies budgétaires. "On est très loin de tout ça. Tous ceux qui sont les acteurs de la sixième réforme de l'État sont en train aujourd'hui de la condamner. On parle de refédéraliser des compétences qui ont été transférées à la sixième réforme de l'État. Bref, où est la cohérence de tous ces gens ?"

Il lance sur le tapis deux pistes pour tenter de souder l'unité francophone quelque peu en perdition : faire appel à un expert spécialisé, peut-être européen, qui analysera le mode de fonctionnement de l'État belge. Deuxièmement, qu'en "intra francophone, qu'on cesse la guéguerre entre les communautaristes et les régionalistes, il nous faut garder une institution forte d'unité des francophones avec des politiques substantielles". Enfin, Olivier Maingain appelle également à un rééquilibrage entre Région et Fédération et propose une réflexion car "nous savons que nous allons devoir vivre davantage à partir de nos propres capacités".

Pacte d'excellence: 9 mois avant la concrétisation

Une des propositions centrales de Défi pour les prochaines élections communales est d'instaurer un Code éthique pour les mandataires qui serait plus précis que le Code de la démocratie locale. Le but : modaliser au niveau de chaque commune par un code communal pour fixer des limites publiques et transparentes. "Par exemple, prévenir les conflits d'intérêts, mieux savoir quels sont les risques de conflits d'intérêts pour les mandataires parce qu'ils ont certaines activités professionnelles... C'est faire en sorte qu'il y ait une totale transparence au niveau de chaque commune par une délibération publique du conseil communal. Ça permettra d'éviter des suspicions."

Il reste neuf mois pour concrétiser le Pacte d'excellence pour l'école francophone. Le président de Défi demande que tout ne soit pas rejeté en bloc puisque certaines réflexions sont essentielles, par exemple sur le rythme scolaire ou le tronc commun. "Je sais bien que c'est très discuté, mais il faut à un moment donné décider. Ce que je reproche à ce gouvernement de la Fédération, c'est qu'il a beaucoup tergiversé et qu'il a beaucoup reporté la charge sur les groupes de travail."

Mainmise des partis traditionnels

Pas de doute, la solution est d'isoler l'essentiel pour ce Pacte qui est en réflexion depuis plusieurs années. Le député propose de se contrer notamment sur la réforme des méthodes pédagogiques, "parce que notre enseignement sera demain plus prometteur encore si on privilégie l'aspect de la qualité des méthodes pédagogiques et de la formation pédagogique de nos enseignants." Concentrer les efforts et, surtout, ne pas se perdre dans des tas de sujets annexes.

Olivier Maingain se dit très fâché car son parti a toujours prôné une scission entre le pouvoir organisateur de l'enseignement et son pouvoir régulateur, autrement dit que la ministre ou le ministre de l'Enseignement ne soit plus l'organisateur de l'enseignement officiel. Pourtant, l'idée de mettre en place un organe où la mainmise des partis sera totale est remise sur le tapis. "Je vois que le MR participe à ce petit jeu politicien de calculs d'apothicaire pour savoir comment on va se partager le gâteau. C'est déplorable. C'était l'occasion d'aérer notre pouvoir organisateur en Fédération Wallonie-Bruxelles, de faire venir des experts, de faire venir des représentants, des acteurs de l'enseignement dans cet organe, de manière à ce qu'ils aient un vrai pouvoir de codécision. Rien de tel. C'est une fois de plus la mainmise des trois partis traditionnels. Quel échec également pour l'avenir de notre enseignement !"

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