Olivier Maingain (Président de DéFI): "Il manque le sens de l'équité à l'action du gouvernement"

Président de DéFI, député fédéral, bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain est ce samedi 16 juin l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir à 13h15 sur La Première. Il s’exprime d’abord sur la signature du protocole d'accord entre les syndicats et la direction de Carrefour sur la restructuration.

"Non, accorder la prépension à 56 ans, ce n’est pas un mauvais signal dans les circonstances actuelles ", explique Olivier Maingain avec nuance. "Sur le plan juridique, cela ne semble pas contestable et il y a eu des antécédents récents. Mais c’est un mécanisme qui dans l’absolu mérite réflexion parce que peut-on considérer que la vie professionnelle s’arrête à 56 ans ! C’est toujours un moment difficile à vivre. Mais on ne peut pas changer la donne aujourd’hui de façon brutale. Ce que trop souvent tente d’imposer la N-VA au sein de la majorité."

Un enjeu de société

Le président de DéFI poursuit et avance une proposition : "Ça ne peut pas rester la solution de facilités, entre guillemets, parce qu’on n’a pas imaginer des mécanismes d’accompagnement, notamment de formation, tout au long de la carrière". Et Olivier Maingain de s’interroger : "Comment va-t-on financer, par des aides publiques et par des investissements des fédérations professionnelles et patronales, la formation de ceux qui ont un emploi et qu’il faut préparer à un changement de métier. C’est un grand enjeu de société".

Le Premier ministre

Dans l’opposition au gouvernement fédéral, Olivier Maingain s’en prend ensuite à Charles Michel. "On nous dit que le système institutionnel ne fonctionne pas, mais n’est-ce pas du finalement au fait qu’il y a un Premier ministre qui n’ose plus s’affirmer face à la NVA ? Un Premier ministre qui laisse à ce point sa fonction abaissée par un Secrétaire d’Etat, Théo Francken, c’est assez inédit dans l’histoire gouvernementale", souligne-t-il.

Mais pour le député fédéral bruxellois tout n’est pas noir pour autant dans l’action du gouvernement. "Il y a des aspects que je peux soutenir même si j’aurais travaillé d’une autre manière", précise Olivier Maingain. "Par exemple, la réduction des cotisations de sécurité sociale, c’était incontestablement une nécessité ! Peut-être fallait-il travailler plus sur les bas salaires que sur une mesure générale", nuance-t-il cependant.

La réforme fiscale

Olivier Maingain poursuit : "Ce qui est sans doute le grand échec de ce gouvernement, c’est qu’il n’a pas donné le sentiment et la réalité pour un certain nombre de personnes et de travailleurs que les mesures sont équitables".

Un exemple ? "Pour moi, le plus grand échec, c’est la réforme fiscale, en tous cas dans ses modalités", répond le député. "Si on veut diminuer sensiblement la fiscalité sur les revenus du travail, et plus particulièrement pour les bas et moyens salaires, il va falloir supprimer une série de niches fiscales comme par exemple l’avantage fiscal liée à la voiture de société. Il vaut peut-être mieux le supprimer, diminuer la fiscalité sur les revenus du travail et mieux équilibrer les taux de fiscalité sur l’ensemble des revenus. C’est une question d’équité."

17 juin 2017

Il y a bientôt un an, le président du CDH Benoit Lutgen débranchait la prise des majorités régionales. Olivier Maingain pourrait-il gouverner avec le CDH et Benoit Lutgen à sa présidence ? "Oui, c’est d’ailleurs ce que nous faisons à Bruxelles avec le CDH qui est encore dans la majorité. J’ai toujours plaidé pour la stabilité. Je ne dis pas qu’il y a la même complicité à tout moment. Mais il y a une entente qui permet d’aboutir dans des dossiers délicats. Je souhaite qu’il en soit ainsi. J’ai le respect des engagements pris même si un partenaire, à un moment donné, a voulu faire un petit coup de Jarnac", conclut Olivier Maingain.

L’interview d’Olivier Maingain a été réalisée par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de la rédaction de La Première/RTBF.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK