Olivier Maingain: "On vend du vent aux francophones"

Olivier Maingain: "On vend du vent aux francophones"
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Pour le président du FDF Olivier Maingain, "le nationalisme flamand a marqué des points essentiels" grâce à l'accord sur BHV. En privilégiant le pouvoir, le président du MR Charles Michel a choisi d'entrer "dans le cercle des partis dépendant de la volonté du parti socialiste", affirme-t-il à la RTBF.

Le FDF a officialisé ce dimanche son divorce d’avec le MR. Le président du FDF Olivier Maingain explique, au micro de Bertrand Henne, avoir "fait le choix de la cohérence dans le temps". Selon lui, au cours des négociations pour la formation du nouveau gouvernement, "les francophones n’ont pas mis leurs exigences sur la table parce qu’ils devaient tenir compte de l’accord qui lie le CD&V et la N-VA au gouvernement flamand. Le plus grave, c’est que, contrairement à ce qu’on tente de faire croire, on n’est pas dans un pacte qui stabilise l’avenir du pays. Le nationalisme flamand vient de marquer des points essentiels. On a marqué un pas de géant vers le confédéralisme", et Olivier Maingain fait remarquer l’absence de la circonscription fédérale de l’accord entre les négociateurs. Il cite aussi le fait que la Région bruxelloise sera ignorée dans le nouveau Sénat. Pour le président du FDF, "on vend du vent aux francophones, mais nous continuerons à dire à la vérité. Quand on nous annonce pour la Xème fois que les droits des francophones seront bétonnés dans la Constitution, alors que le CD&V dit sur son site internet que les circulaires du gouvernement flamand restent d’application, je me demande qui triche avec qui".

"Les experts en carbone 14 du MR"

Le chef de file des libéraux Louis Michel, a déclaré mardi à la RTBF que le FDF mettait "en place une stratégie de conquête un peu calquée sur la stratégie de la N-VA, où il utilise les forces vives et le poids du MR et des libéraux pour aller prendre des graines en Wallonie". Olivier Maingain rétorque : "J’aime bien que les experts en carbone 14 du MR viennent nous dire avoir identifié qui a dit quoi à quelle date. Tout cela est dérisoire. Jusqu’au bout, nous avons tenté de convaincre que le MR avait un rôle particulier à tenir dans la vie politique francophone de ce pays. Je constate que Charles Michel a privilégié le pouvoir et pour cela le fait de rentrer dans le cercle des partis dépendant de la volonté du parti socialiste. Et c’est un choix qu’il assumera devant les siens".

Le nationalisme flamand n'est pas repu

En prévision du scrutin communal de 2012, Olivier Maingain assure que le FDF n’ira "pas dans l’ambiguïté. Nous irons avec un programme et des engagements clairs. Nous allons défendre et assumer l’avenir de Bruxelles au départ des communes. Nous ferons des listes de rassemblement autour de nos objectifs. Je sais qu’il y a sans doute des libéraux qui seront très heureux d’être rassemblés avec nous autour de nos objectifs". Le FDF aura des candidats pour l’ensemble des élections provinciales en Wallonie, et "nous serons présents dans un certain nombre de communes en Wallonie", assure Olivier Maingain.

Désormais, les Fédéralistes démocrates francophones vont pouvoir se "redéployer comme réformateurs sociaux", explique Olivier Maingain, citant la politique environnementale, ou celles envers la fonction publique et le non-marchand, comme exemples. Il rejette ainsi la thèse selon laquelle son parti serait monothématique. Il termine toutefois par une mise en garde : "Croire un seul instant que le nationalisme flamand est repu par ce seul accord, c’est mal connaître la logique du nationalisme flamand qui en demande toujours plus".

A.L. avec B. Henne

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