Olivier Maingain : "On a vu que dans un gouvernement, la N-VA était un poison"

Les francophones doivent-ils se préparer sérieusement à de nouveaux débats institutionnels ? Depuis les élections, le blocage est complet. Et pour le président de Défi Olivier Maingain, se rassembler entre francophones pour établir une méthode est la seule solution. Il se présente ainsi comme agent de liaison francophone entre Bruxelles et la Wallonie.

Le front francophone se fissure. C’est le constat que fait le président de Défi. Or, il est convaincu qu’il faut un projet francophone pour les prochaines années : "Nous devons avoir une réflexion sur l’avenir de nos institutions, et surtout sur l’efficacité de nos politiques francophones".

Pour lui, cela passe par une réflexion sur les liens que peuvent tisser les partenaires économiques de Bruxelles et de Wallonie : "On ne peut pas avoir de projet francophone si on ne fortifie pas l’espace socio-économique francophone. Trop souvent, on parle de l’union des francophones au niveau culturel, mais il faut également une dynamique économique. Il faut se rapprocher, être complémentaire et efficace. A chaque fois qu’il y a une plus-value à travailler ensemble, il faut qu’il y ait des outils institutionnels qui le favorisent".

Crise gouvernementale : "La N-VA est un poison"

La question est posée aux uns et autres depuis quelques jours : faut-il parler avec la N-VA dans le cadre des négociations pour former un gouvernement ? Certains francophones pensent que c’est inévitable. Même du côté du PS, Charles Picqué a plaidé pour le dialogue, afin d’avancer. Mais Olivier Maingain n’est pas de cet avis : "Non, je ne suis pas d’accord. On a fait l’expérience de la N-VA au gouvernement. On a vu que c’était un poison. On a vu que c’est un parti qui a voulu déstabiliser l’État belge et qu’il a fait chuter un gouvernement. Alors je suis étonné d’entendre qu’aujourd’hui, plusieurs partis disent exactement l’inverse de ce qu’ils disaient avant les élections. A l’exception du MR, tous les partis disaient que la N-VA était un parti infréquentable. Et pourquoi ? Parce qu’il a n’a qu’une seule obsession : affaiblir l’état".

D’où sa conviction qu’une méthode entre francophones est indispensable : "Osons faire le bilan de la réforme de l’état. Nous devons nous préparer pour les prochains débats institutionnels, mais de manière rationnelle et dépassionnée. Arrêtons de travailler avec un couteau sur la gorge, comme ça a souvent été les cas dans les réformes de l'état précédentes".

Un dialogue avec les autres partis flamands

Après une préparation "entre francophones", l'objectif du président de Défi est d'ouvrir ce débat institutionnel aux partis flamands, mais sans la N-VA. Mais les autres partis oseront-ils lui tourner le dos? "Soit ils osent le faire, soit ils continuent de mettre leurs pas dans ceux de la N-VA, et font croitre la N-VA. Aux élections précédentes, le CD&V avait fait le calcul de laisser la N-VA monter dans la majorité, pensant que ça allait la décrédibiliser. Mais c’est l’inverse qui s’est passé".

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