Olivier Maingain: "On a vécu une stratégie d'affaiblissement des institutions"

Olivier Maingain: "On a vécu une stratégie d'affaiblissement des institutions"
Olivier Maingain: "On a vécu une stratégie d'affaiblissement des institutions" - © Tous droits réservés

Les débats à la Chambre, sur l'adoption d'une liste comportant une quarantaine d'articles à réviser, se sont conclus dans la nuit de jeudi à vendredi,. L'article 1er ne figure finalement pas sur la liste de la Chambre.

De quoi apaiser les tensions communautaires aperçues ces derniers jours?  Olivier Maingain, président de DéFI, reste prudent. "Rien n'est fait. La réforme de l'état n'est jamais très loin, on peut encore toucher à une certaine répartition des compétences. Charles Michel veut empêcher la folie communautaire? Chiche!"

L'actuel bourgmestre de la commune de Woluwe-Saint-Lambert estime que la prochaine législature doit être le temps de l'évaluation et considère que Charles Michel n'a pas totalement réussi son pari de remettre le communautaire au frigo. "Le fédéral a été considérablement affaibli par son alliance avec la N-VAOn vient de vivre une période inédite de la politique belge avec une déstabilisation des institutions, ce qui était la stratégie de la N-VA", explique-t-il.

La candidature du président de la N-VA Bart De Wever à la présidence du gouvernement flamand est pour lui le signe d'une nouvelle stratégie de ce parti. "Cette nouvelle stratégie sera sans doute de vouloir se replier sur le gouvernement flamand. Elle va vouloir mener une stratégie de guerre des tranchées par rapport aux autres niveaux de pouvoir, nous connaîtrons d'autres moments de tensions institutionnelles."

Au delà du communautaire, de nombreux articles pourraient être soumis à révision dont l'égalité des hommes et des femmes dans les exécutifs ou encore l'âge du droit de vote. Olivier Maingain estime que plus encore aurait pu être fait. "Sous cette législature qui se termine, on aurait pu travailler à la modernisation de fameux titres qui consacre les droits et les libertés fondamentales mais il n'en fut rien."

Nouveaux équilibres

Olivier Maingain déclare également se réjouir que l'on ait ouvert la porte à une déclaration de révision et plaide pour une ouverture à de nouveaux modes de démocratie participative. "La grande leçon de ce que nous connaissons aujourd'hui dans un certain nombre de débats c'est qu'il faut retrouver de nouveaux équilibres, nous ne pourrons pas le faire en tant que politique si on n'associe pas plus directement les citoyens. "Je suis favorable à des procédures de consultation directe des citoyens pour certaines matières ou de permettre au citoyen de venir interpeller les politiques au sein même des assemblées et ce, à tous les niveaux de pouvoir".

Alors que le rapport citoyen/politique est déstabilisé et que certains quittent la politique, déçus de la manière dont le débat politique se déroule actuellement, le président de DéFI estime que ce n'est pas son cas. "J'ai fait ce choix très clairement, bien avant les élections. Je soutiens une liste mais je n'ai pas l'ambition d'être élu."

Le président de DéFI qui vit ainsi ses derniers jours au parlement, après 28 ans dans l’hémicycle, s'est aussi remémoré les moments forts de sa carrière politique. "J'en ai connu beaucoup mais l'évasion de Marc Dutroux reste un moment marquant. J'ai vu un premier ministre, Jean-Luc Dehaene, totalement décontenancé après cette dramatique affaire, j'ai vu la fragilité d'un pouvoir", déclare-t-il. "Si on n'avait pas arrêté Dutroux très rapidement, on aurait eu une grave crise politique. Comme quoi, le pouvoir politique est parfois à la merci d’événements qui lui échappent totalement".

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