Olivier Maingain: "La réforme de l'Etat tue le fédéralisme en Belgique"

Olivier Maingain
Olivier Maingain - © RTBF

La scission de l’arrondissement électoral de BHV a été votée mardi par la commission des Affaires intérieures du Sénat. Une étape importante dans la réforme de l’Etat. Mais, pour Olivier Maingain (FDF), invité de Matin Première, il s’agit surtout d’un pas vers la scission du pays.

Pour le président des FDF, les négociations institutionnelles qui ont mené à la sixième réforme de l’Etat sont un échec, car elles ont renforcé la N-VA au Nord du pays. "On a demandé aux francophones de sacrifier leurs intérêts essentiels - pas qu’en périphérie d’ailleurs, on attend avec impatience les conséquences de la loi de financement - en espérant stabiliser le pays et ce n’est pas ce qui s’est passé. Même Kris Peeters dit déjà qu’il faut préparer la 7e réforme de l’Etat". Pour Olivier Maingain, les francophones se trompent de tactique. "Le jour où on comprendra que ce n’est pas en nourrissant le nationalisme flamand qu’on va l’arrêter mais en leur tenant tête". Et il prédit : "Cette réforme de l’Etat est en train de tuer le fédéralisme en Belgique".

Pourtant, N-VA et Vlaams Belang ont voté contre la scission de l’arrondissement électoral de BHV. Pour eux, il n’y aura notamment plus de représentation flamande de Bruxelles au niveau fédéral. Un point dont Olivier Maingain se défend d’être satisfait. "Moi je ne cherche pas à liquider quoi que ce soit, je ne suis pas dans une logique nationaliste. S’il n’y a pas assez de Flamands à Bruxelles, ce n’est pas parce qu’on mène une politique d’extermination. C’est bien pour ça que je défendais BHV. J’ai un respect profond de la minorité flamande à Bruxelles. Je n’ai pas une logique d’exclusion".

Pour le président des FDF, autant les Flamands que les francophones ont perdu dans cette scission. "Dans l’arrondissement électoral, les 150 000 francophones de la périphérie votaient avec Bruxelles. Demain il n’y aura plus qu’une faculté pour les habitants des six communes à facilités, tous les autres sont abandonnés, ils ne sont pas protégés, il n’y a même pas la convention cadre sur la protection des minorités nationales".

Autre  point voté mardi en commission du Sénat : les nouvelles règles de nomination des bourgmestres de la périphérie. Pour Olivier Maingain, là encore les négociateurs francophones se sont trompés. "Ce qui est scandaleux c’est que les négociateurs francophones n’ont même pas eu l’exigence de faire respecter le suffrage universel dans trois communes (…) Au Parlement flamand, ils sont déjà en train de voter un décret qui va sans doute caviarder tout ce qui se fait au fédéral. Il fallait retirer au gouvernement flamand le choix de nommer les bourgmestres".

Sujet qui fait polémique depuis quelques jours : l’intégration des étrangers et personnes d’origine étrangère à Bruxelles. Pour Olivier Maingain, le vrai problème est la lutte contre l’extrémisme religieux. Il propose que soit inscrite dans la Constitution la  "laïcité politique de l’Etat". Il pointe le fait que Bruxelles manque de magistrats. "Qu’on cesse de nous annoncer des plans au niveau du gouvernement, qu’on nomme des magistrats".

Et il attaque le MR. "Le MR a fait un grand paradoxe la semaine dernière : Didier Reynders faisait une charge très claire sur l’échec de l’intégration, en même temps son président de parti était au Maroc pour tenter de convaincre les citoyens belges originaires du Maroc qu’ils étaient ouverts à leur situation. Ça veut dire quoi ? Que pour convaincre des citoyens vivant en Belgique, il faut aller rendre des comptes à leurs autorités des pays d’origine ?"

Ce matin, Elio Di Rupo se félicite dans la presse que la Belgique ait retrouvé une crédibilité sur le plan international. Pour Olivier Maingain, c’est faux : "Moi j’aurais préféré qu’on discute au Parlement d’un plan de relance économique plutôt que la réforme de l’Etat. On a inversé les priorités".

J.C.

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