Olivier Maingain: "La périphérie a été lâchement abandonnée"

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Invité de notre émission dominicale "L'indiscret", Olivier Maingain a braqué une lumière vive sur les négociateurs francophones. Pour le président du FDF, la périphérie de Bruxelles a été "lâchement abandonnée" dans la situation actuelle.

Face à Thomas Gadisseux, c'est un Olivier Maingain ravi de s'installer dans un indiscret de couleur amarante (comme son parti) qui a matraqué le manque de cohérence et de loyauté des trois partis francophones à la table des négociations. "Les négociateurs francophones sont entrés dans une logique de concession en concession, de chantage en chantage, sans avoir jamais eu la volonté de mettre sur la table ce que nous avions mis, ensemble, sur la table en 2007. Je pourrais ressortir à madame Milquet le document commun MR-cdH en 2007, lorsque nous avions tenu tête à Bart De Wever rappelle le patron du FDF, qui a suivi très attentivement l'émission Mise au point diffusée peu avant. Il y avait l'élargissement de Bruxelles, la pleine compétence de la communauté française en périphérie, la convention-cadre sur la protection des minorités, le changement radical des lois linguistiques à Bruxelles. Il y avait beaucoup de choses fortes. Tout ça a été oublié. Toute cette résistance pendant des années, pour arriver à une logique de concession unilatérale. Il vaut mieux garder la dignité que nous avions eue en 2007, ensemble, que d'aller dans une logique où l'on court toujours derrière la dernière revendication de la N-VA" conclut le maïeur de Woluwé Saint-Lambert.
Le choix de la dignité

Olivier Maingain n'a pas confiance et il le dit : "J'aurais confiance s'il y avait eu une concertation francophone. Je n'ai pas à ce jour la preuve que les partis francophones se sont tenus à la ligne commune. Je me souviens que nous avons tous dit : 'Pas de scission de BHV sans élargissement de Bruxelles'. Aujourd'hui, j'entends qu'il y a bien une scission. Ce que nous n'avions pas fait en 2005. (...) Entre la soumission et la dignité, que choisissez--vous ? Moi, j'ai fait le choix de la dignité.

Pour ce Bruxellois, enfermer Bruxelles en Flandre est un casus belli : "Les francophones doivent avoir la volonté de rappeler qu'il faut avoir un Etat fédéral. Ce n'est plus un Etat fédéral si on enferme Bruxelles en Flandre. C'est entrer dans la logique de l'appropriation de Bruxelles par la Flandre. A la veille des élections, nous l'avons tous dit.(...) Aujourd'hui, on voit bien que la logique nationaliste est une logique de surenchère. Madame Onkelinx découvre tout d'un coup qu'il faut un plan B. Mais, avant de commence, il aurait fallu réfléchir à un plan A cohérent qui fasse vraiment respecter Bruxelles et sa périphérie."

Continuer sans la Flandre ?

Et si les francophones lâchaient les amarres ? "C'est peut-être une hypothèse qu'il faudra retenir. Mais en tout cas, garder la Belgique avec la Flandre, aux conditions de Bart De Wever qui prépare quand même le séparatisme, ça, c'est la plus grande tromperie qui soit. Et il vaut mieux alors refuser ce schéma-là. Il ne faut pas tromper, ni les Wallons, ni les Bruxellois, ni nos amis de la périphérie qui sont lâchement abandonnés dans la situation actuelle."

 

HM

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