Olivier Maingain: "La N-VA préfère le chaos plutôt que d'accepter la mise en place d'un ordre international"

Le pacte de l'ONU sur l'immigration est au cœur des tensions fédérales belges. La N-VA refuse de le signer tandis que le Premier ministre, Charles Michel, s'est engagé à le faire. Olivier Maingain, président de DéFI était l'invité de la Première mardi matin. Il a déposé, avec d'autres partis de l'opposition, une proposition de résolution au Parlement pour que la Belgique vote ce fameux pacte. Ce qui pourrait faire exploser le gouvernement. Mais ce n'est pas forcément ce que souhaite Olivier Maingain. 


>>> Que se passerait-il si le gouvernement tombait?


"Je ne suis pas en train de faire des paris. Ce serait tout à fait malvenu. Le moment est révélateur d'une évolution à laquelle on pouvait s'attendre. Vous m'accorderez quand même l'avantage d'avoir été constant dans l'analyse de la vraie nature politique de la N-VA, ce qu'elle représente comme danger pour le fonctionnement même de l'Etat, son idéologie. Parti que j'ai souvent qualifié d'extrême droite et dont les faits confirment mon analyse."

"La N-VA préfère le chaos"

Selon lui, le parti nationaliste a toujours montré ce visage-là. "Alors que le pacte sur l'immigration, préparé par 193 pays depuis 2 ans, connu par la N-VA depuis longtemps, a pour objectif de mettre en place des règles de coopération entre états pour organiser correctement le droit de migrer dans le respect d'un certain nombre de contraintes. Ce qui n'est pas du laxisme, c'est la volonté de reconnaître un droit fondamental dans le respect de la dignité humaine, mais avec des limites. Il est assez curieux qu'au moment où on met en place un instrument de coopération international entre Etats, qui est bien nécessaire pour lutter contre les mafias qui exploitent la traite des êtres humains, un parti comme la N-VA, plutôt que d'accepter la mise en place d'un ordre international sur cette question, préfère le chaos. C'est souvent la logique des partis extrémistes."

Aujourd'hui, c'est Bart de Wever qui continue à tirer les ficelles

On l'a dit, Charles Michel veut respecter ce pacte, mais pour Olivier Maingain, le Premier ministre aurait dû prendre ses responsabilités depuis longtemps. "Ici, ce qui a été la faiblesse du Premier ministre, et je l'ai vu plusieurs fois au Parlement, c'est qu'il aurait dû dire explicitement, dès sa première réponse, qu'il confirmait l'engagement. Il a dit qu'il cherchait des solutions. S'il avait été plus net, il aurait placé directement la N-VA devant ses responsabilités. Aujourd'hui, c'est Bart De Wever qui continue à tirer les ficelles. Alors est-ce qu'à force il y aura une rupture, on le vérifiera dans les prochaines heures. Mais c'est la cristallisation d'une dérive constante de cette majorité qui a permis à la N-VA d'être maîtresse du jeu." 

La question est donc de savoir si la N-VA restera dans le gouvernement sans avoir signé ce pacte. Mais le président de DéFI ne pense pas que le parti puisse accepter "une configuration où elle serait mise sur le côté". "Ce n'est pas ce que reflétaient les propos de Bart De Wever hier". Et cela "écorne le rôle international de la Belgique dans un certain nombre de forums où on a besoin d'une coopération internationale face à un certain nombre de dérive". 

"Expulser un corps étranger qui devient à ce point nuisible"

"Je dis au Premier ministre qu'il va devoir avouer son échec de son alliance avec la N-VA. La N-VA est une gangrène dans le système institutionnel belge. Alors soit ce sera par la sanction des élections en mai prochain, soit par une crise gouvernementale, mais il n'y a pas d'autre issue, pour la crédibilité de la Belgique, que d'expulser un corps étranger qui devient à ce point nuisible."

Il insiste sur le fait que "cette majorité est déjà perdante" à cause "de l'absurdité d'un ensemble de mesures successives que le MR a accepté".

Le label fiable de la N-VA se perd aussi côté flamand. "J'ose espérer qu'il va y avoir un sursaut du côté flamand."

Il précise qu'il y a un parti qui pourrait détenir la clé d'un changement de majorité du côté flamand, le CD&V. "Il pourra dire s'il considère toujours que la N-VA est toujours un partenaire indispensable."

La proposition, déposée donc par différents partis de l'opposition, sera donc débattue aujourd'hui en commission des affaires extérieures au Parlement. Il serait question d'un vote cet après-midi. "Je ne sais pas s'ils voteront cette après-midi, je crois que la majorité trouvera des échappatoires. Mais plus fondamentalement, je dis au premier ministre, s'il veut préserver à la fois l'autorité de sa fonction et s'il veut préserver la crédibilité de la Belgique sur le plan international, oui il peut prendre appui sur une opposition qui ne va pas jouer la contradiction ou la polémique pour la polémique. La question maintenant est de savoir s'il y a une volonté de rassemblement sur les valeurs qui nous paraissent déterminantes."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK