Olivier Maingain: "Face au coronavirus, j'ai été un précurseur mais j'aurais surtout aimé être entendu"

On l'a accusé de la jouer perso dans la lutte contre le coronavirus, Maggie de Block avait même jugé son arrêté de police "disproportionné", et bien 10 jours plus tard, Olivier Maingain persiste et signe.
 

Son arrêté de police pris la veille de la rentrée scolaire n'avait pas manqué de faire parler. De manière unilatérale, Olivier Maingain décidait d'interdire les lieux publics communaux à toute personne de retour d'une zone à haut risque de contamination au coronavirus. Allait-il trop loin ? Sa décision allait-elle enclencher une vague de panique parmi la population ? Avec 10 jours de recul, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert dresse un premier bilan de cet arrêté de police si décrié.

D'abord, les chiffres. "C'est au dernier recensement 80 personnes qui sont concernées par l'interdiction", précise M. Maingain. Dans le détail, ça donne une cinquantaine d'élèves, officiel et libre confondus, 4 enseignants, 1 membre du personnel communal, et une vingtaine de personnes souhaitant accéder à des bâtiments communaux, à savoir la piscine et la salle de spectacle.

Ensuite, les faits. "Aujourd'hui on peut constater que les porteurs de virus sont dans leur immense majorité des personnes qui reviennent de zones à risque, c'est un constat élémentaire qui était largement prévisible, sans même être médecin" souligne l'ancien président de Défi. Alors il lui impossible d'évaluer l'impact direct de son arrêté de police à l'échelle de sa commune, en cause le secret médical et un manque de recul à ce stade, mais Olivier Maingain n'en démord pas, "si la mesure que j'ai prise avait été généralisée à l'échelle de la Belgique on aurait pu prévenir la propagation du virus, mais voilà ça n'a pas été fait", et le bourgmestre de conclure, fataliste, "j'ai été un précurseur mais j'aurais surtout aimé être entendu, ça doit nous servir de leçon."

En attendant, cette mesure de prévention est toujours en vigueur à Woluwe, "comme dans de nombreuses grandes entreprises et dans les écoles européennes" aime à rappeler M. Maingain, bien décidé à en défendre le bien fondé.

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