Olivier Maingain (DéFi): "Tournons la page N-VA, isolons ce parti"

Charles Michel a présenté sa démission ce mardi. Même si elle n'a pas encore été approuvée par le roi, chez qui il s'est rendu suite à son annonce, les réactions pleuvent au lendemain d'une journée mouvementée et riche en rebondissement. Olivier Maingain appelle avant tout les belges à tourner le dos à la N-VA et à isoler le parti nationaliste flamand.

Pour Olivier Maingain, c'est un sentiment de honte qui s'est emparé de la Belgique et les politiciens belges ce mardi, aux alentours de 19 heures. "Il y a de quoi avoir honte, mais c’est l’histoire d’une chronique annoncée, surtout quand on amène au pouvoir un parti comme la N-VA dont il ne faut jamais oublier les objectifs définitifs", exprime-t-il. 

La motion de méfiance "n'avait pas de raison d'être"

Selon lui, l'intention de la N-VA est claire : "Préparer d’une manière ou d’une autre la séparation et le confédéralisme en est la première étape""Mettre à mal les institutions belges, c’était inscrit. Je ne suis personnellement pas adepte de la politique du pire, c’est pourquoi je trouvais que le dépôt d’une motion de méfiance n’avait pas de raison d’être."

Pas de raison d'être, oui mais endéans certaines conditions selon le président de DéFi. Cette condition, c'est le budget, sur lequel Charles Michel avait déjà fait quelques compromis. "Dès lors que le Premier ministre annonçait qu’il retirait son projet de budget, ce budget antisocial qui contenait beaucoup de menaces pour les plus faibles, nous aurions dû nous montrer plus subtils. Maintenant, nous allons rentrer dans une phase où je propose que chacun retrouve un peu de sa sérénité."

Re-voter? Pas une bonne idée

Faut-il aller voter ? "Ce serait en effet la logique démocratique, confirme Olivier Maingain. Mais qui va croire que si nous votons le 10 février qu’entre le 10 février et le 26 mai, nous allons pouvoir former une majorité alors que tous les partis seront jugés à nouveau le 26 mai ?." Par ce discours, il s'oppose à Georges Gilkinet qui dit ne pas avoir peur des élections, si elles devaient être organisées.

Pour le chef du parti né à Bruxelles, c'est la N-VA qui est à l'origine de tous ces déboires. "La N-VA a fait un coup pour capitaliser électoralement ! Si on va aux élections, on va lui permettre de concrétiser son coup. Qui sont les fous qui vont lui permettre de faire cela ? Donc, reprenons le cours sérieux des institutions, tournons la page de la N-VA, isolons ce parti. C’est la seule manière de mener une politique sérieuse dans ce pays."

DéFi ne votera pas la dissolution

Reste  alors une inconnue : les parlementaires étiquetés DéFi participeront-ils à la dissolution des chambres ? Non, répond le président de parti. "Si vous voulez voter la dissolution des chambres, il faut une majorité. Et la seule majorité alternative c’est avec la N-VA. J’ai dit que je ne ferais pas d’accord politique pas avec la N-VA, que ce soit pour une motion de méfiance constructive que pour la dissolution des chambres", explique-t-il.


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Olivier Maingain appelle à la "constance" et la "lucidité". "Le Premier ministre a un peu snobé le palais royal, notamment lors du week-end où la N-VA quitté le gouvernement. On aurait peut-être dû calmer le jeu déjà à ce moment-là. Le Roi peut entendre, faire la pondération des points de vue. Ce n’est pas chose aisée. Le Roi doit tenir compte de ce que les partis lui disent. Mais au moins, il peut amener chacun à un temps de réflexion et de pause, c’est ce que je souhaite. Que le Roi accepte ou non cette démission, je crois que plus fondamentalement, il est encore possible de travailler sur un certain nombre de sujets. La priorité, outre l’urgence climatique, c’est de pouvoir travailler sur le pouvoir d’achats, autrement dit de diminuer la fiscalité sur les moyens et faibles revenus.

Selon l'élu DéFi, c'est un "Parlement raisonnable" qui est nécessaire étant donné la situation actuelle. "On ne changera pas toute la politique, mais il y a une marge de manœuvre", ajoute-t-il. C'est donc bien sur le roi que planent les dernières grandes questions. Acceptera-t-il - ou non - la démission de Charles Michel ?

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