Olivier Maingain à Charles Michel: "Jusqu'où allez-vous accepter que votre fonction soit rabaissée?"

Les députés présents en séance plénière qui se tient ce jeudi à la Chambre reviennent sur les propos tenus mardi et mercredi par Theo Francken. Interviewé par la VRT, le Secrétaire d'état s'est notamment attaqué aux institutions politiques en qualifiant la rue de la Loi et le rond-point Schuman de lieux "hypocrites". 15 députés interrogeront le Premier ministre sur les propos tenus par le secrétaire d'État à l'asile et à la migration. 

Le moment est venu de désavouer Theo Francken

Olivier Maingain, président du parti DéFI, était le premier à s'exprimer. "Quasiment semaine après semaine nous sommes tenus de vous interpeller sur les déclarations du premier parti de votre majorité parlementaire, a-t-il lancé au Premier ministre Charles Michel (MR). On s'en lasserait si les propos n'étaient pas de plus en plus énormes et si, à l'illégalité des propositions, ne s'ajoutaient la grossièreté de celles-ci."

"Theo Francken a montré une nouvelle fois qu'il rejoignait le camp des populistes et de l'extrême droite qui n'ont comme subterfuge face aux arguments de la loi que de mépriser les institutions et votre autorité monsieur le Premier ministre. Jusqu'où allez-vous acceptez que votre fonction soit rabaissée ? Les propos tenus sont contraires à un des fondements essentiels de l'Union européenne, à savoir la Convention des droits de l'homme. Le moment est venu soit de dire que Theo Francken est désavoué, soit de se ranger aux côtés de ces gouvernements qui ne respectent pas les acquis de l'Europe." 

Monsieur le Premier ministre vous êtes responsable de l'appauvrissement de notre démocratie

Ahmed Laaouej, chef de file des socialistes à la Chambre, est allé dans le même sens. "Jusqu'à quand allez vous maintenir un élément d'extrême droite dans votre gouvernement ?", a-t-il demandé à Charles Michel.

Il a ensuite rappelé toutes les polémiques dans lesquels Theo Francken a baigné depuis qu'il a prêté serment pour arriver aux derniers propos tenus par le secrétaire d'État, "il affirme désormais que le socle de notre civilisation, la Convention des droits de l'Homme, n'est qu'un chiffon qu'on pourrait jeter à la poubelle comme un détritus. C'est pourtant cette convention qui fait ce que nous devrions être : des démocrates. L'impunité politique dont il jouit l'a renforcé, ses idées et ses attitudes ignobles ont prospéré sur le terrain de votre renoncement. Monsieur le Premier ministre vous êtes responsable de l'appauvrissement de notre démocratie.". Il a conclu en posant cette question : est-ce que, oui ou non, Theo Francken a encore sa place dans ce gouvernement ? 

 

L'intégralité de l'intervention de Ahmed Laaouej

Georges Dallemagne (cdH) a tenu, lui, à partager une citation du philosophe Antonio Gramsci.

Open Vld et CD&V rajoutent une couche

Les chefs de groupe Open Vld et CD&V se sont très clairement distanciés jeudi à la Chambre.

"En tout cas, il n'a pas parlé en mon nom", a lâché le chef de groupe Open Vld Patrick Dewael. Il a rappelé les règles de déontologie qui prévalent au sein du gouvernement, selon lesquelles un membre s'exprime au nom de l'exécutif. Ces règles devraient l'emporter sur la "fièvre électorale" qui anime la N-VA, a-t-il dit.

Écolo approuve

Du côté du parti Écolo, le son de cloche est le même. Benoit Hellings a lui aussi dénoncer les propos tenus par le secrétaire d'État. "Monsieur Francken veut détruire le texte qui a été écrit dans les années 50 pour que les atrocités des années 40 ne se reproduisent plus."

Le député Écolo a assuré que cette prise de position faisait de la Belgique un pays qui rejoint le camp des extrêmes aux côtés de l'Italie, de la Hongrie et de l'Autriche. "Et la presse internationale le dit", a-t-il ajouté avec la couverture du quotidien français Le Monde dans les mains. 

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