Olivier Deleuze veut s'attaquer à la dictature financière

Olivier Deleuze
Olivier Deleuze - © RTBF

Olivier Deleuze, coprésident d'Ecolo, veut limiter les salaires des patrons du secteur public mais aussi privé et faire payer la crise par ceux qui ont profité du capitalisme financier. Il veut aussi mettre fin à la dictature des banques et des grandes entreprises.

Invité dans Matin Première, Olivier Deleuze applaudit des deux mains le projet que dépose ce vendredi au conseil des ministres le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette: il s'agit de réduire parfois drastiquement les salaires des dirigeants des sociétés publiques comme Belgacom ou Bpost.

Ecolo réclame cela depuis longtemps, explique son coprésident qui veut aller beaucoup plus loin: "Il ne faut pas le faire seulement dans le secteur public mais également privé, il ne faut pas s'en contenter. On a d'ailleurs déposé une proposition de loi dans ce sens", précise-t-il. "Il faut réguler la finance. Il faut séparer les métiers bancaires. Il ne faut pas aider les entreprises sans garantie sur l'emploi, regardez ArcelorMittal, Electrabel. Qu'on s'attaque vraiment à une espèce de dictature financière dont l'économie est victime".

Economie de l'épuisement

Le patron de Belgacom pourrait voir son salaire diminuer de 87 %. -73% pour le patron de Bpost ou encore, - 51% pour le patron de Belfius banque. Cela ne fera pas fuir les grands patrons, dit Olivier Deleuze: "Non, parce que si on continue à raisonner comme cela, à savoir qu'on n'a pas le droit de prendre chez nous des mesures qui rendent espoir, qui offrent une perspective, alors on va continuer à être dans cette économie de l'épuisement, où on a l'impression que tout est possible et qu'il n'est plus possible chez nous de préserver une sorte de bien vivre européen. Je ne peux pas accepter cela".

Faire payer les profiteurs du capitalisme financier

Le coprésident d'Ecolo pense limiter les salaires des patrons via la fiscalité: mais cela ne va-t-il pas encore augmenter la pression fiscale?

"Nous sommes totalement favorables à la baisse de la pression fiscale sur les petits salaires, à la baisse de la pression fiscale pour les trois premières personnes qui sont engagées par les PME, par contre, nous pensons que ceux qui ont profité des folies du capitalisme financier doivent supporter les efforts que cela nous oblige à faire".

Redéployer l'économie

Face à la crise, Olivier Deleuze préconise non pas de relancer mais de redéployer l'économie: "Il ne s'agit pas de faire plus de la même chose. Notre pays et l'Europe a des connaissances et des produits sophistiqués. Il faut continuer dans cette voie en tenant compte que le prix de l'énergie et des matières premières va encore augmenter demain. Il faut investir dans d'autres secteurs comme le fait le plan Marshall 2.vert en Wallonie".

Olivier Deleuze cite encore l'exemple de l'Allemagne qui ferme ses centrales nucléaires en 2020 en réduisant ses émissions de CO2 de 40% par rapport à 1990, deux fois plus que la Belgique: "Les Allemands ont bien compris que l'avenir de nos sociétés est dans les nouveaux modes de production de l'énergie. Cela procurera plus d'emplois. Faisons comme eux", conclut-il.

"Dexia, c'est notre Grèce à nous"

Olivier Deleuze critique aussi l'action du gouvernement dans le dossier Dexia qu'il ne renégociera pas, comme l'a annoncé jeudi Elio Di Rupo: "Terrible. Cette négociation a été épouvantablement mal menée. La Belgique a de nouveau l'économie-casino. Elle a accordé à cette banque plus de 50 milliards d'euros de garantie. Il y a une énorme menace qui pèse au dessus de nos têtes. C'est un exemple de plus d'une espèce de laissez-aller du gouvernement par rapport au capitalisme financier. Je n'aime pas ça du tout".

Olivier Deleuze préconise la régulation des activités bancaires: "Dexia, c'est notre Grèce à nous. Il ne faut pas la laisser tomber, par contre il faut réguler les activités bancaires. On ne peut pas injecter de l'argent dans ces banques sans leur demander d'être plus prudentes, sans séparer clairement l'activité banque de dépôt de l'activité banque d'affaires."

JFH

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