Olivier Deleuze: l'Etat doit faire de Belfius "une banque exemplaire"

Olivier Deleuze était l'invité de L'Indiscret
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Olivier Deleuze était l'invité de L'Indiscret - © RTBF

Au micro de la RTBF, le coprésident d'Ecolo demande que le gouvernement fasse de la banque Belfius, dont l'actionnariat est détenu par l'Etat, une banque "qui investit dans l’économie réelle et qui ne fait pas de produit spéculatif dangereux". Il veut que les aides aux entreprises soient liées à la création d’emplois.

Interrogé par Thomas Gadisseux, le coprésident d’Ecolo Olivier Deleuze admet que son parti a créé de l’émotion en faisant "tomber des bastions" lors du dernier scrutin communal : "A Boitsfort, une famille était au pouvoir depuis 36 ans. Mais cela c’est le scrutin proportionnel. Si on changeait le scrutin proportionnel et que la formation politique la plus importante devait d’office être au pouvoir, on aurait alors la N-VA au pouvoir au niveau fédéral. Et ce ne serait pas vraiment une bonne nouvelle".

Belfius a annoncé cette semaine une restructuration qui entraînera la suppression de plusieurs centaines de postes de travail. "Le gouvernement doit se poser la question de savoir pourquoi une banque qui est 100% publique n’a aucune stratégie", commente Olivier Deleuze : "Ne faudrait-il pas en faire une banque exemplaire, qui investit dans l’économie réelle, qui ne fera pas de produit spéculatif dangereux ?" Il poursuit : "Il faut une régulation de toutes les banques, mais aussi de la banque qui appartient à 100% à l’Etat".

"Où est la régulation de ces banques ?"

Ce qui s’est passé autour de Dexia a choqué Olivier Deleuze, explique-t-il : "Il y a une grande injustice. On n’arrête pas de capitaliser les banques. Encore 2,9 milliards pour Dexia, et des garanties pour 85 milliards. Mais à côté de cela, où est la régulation de ces banques ?" Le coprésident d’Ecolo demande la séparation des métiers bancaires entre banque de dépôts et banque d’affaires : "L’Etat belge peut l’imposer, c’est ce qui existait dans tous les pays du monde jusque dans les années 1980. Il faut revenir à une économie saine, à savoir une économie où la finance est au service de l’emploi et de l’économie réelle. Et pas au service d’elle-même".

Dans le cadre de la confection du budget 2013 de l’Etat, Olivier Deleuze demande que les aides aux entreprises soient liées à la création d’emplois. Cela fera perdre moins d’argent à l’Etat, dit-il : "Les intérêts notionnels coûtent entre 2 et 2,5 milliards, c’est de l’argent jeté. ArcelorMittal encaisse les intérêts notionnels et puis s’en va".

A.L. avec T. Gadisseux

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