Olivier de Wasseige, patron de l'UWE: "Des tas d'entreprises se détournent du Forem pour recruter"

Le patron des patrons wallons, Olivier de Wasseige, était l’invité de Thomas Gadisseux dans Matin Première ce mercredi. L’administrateur de l’Union Wallonne des Entreprises est notamment revenu sur les derniers chiffres sur les contrôles du Forem.

Sur les six premiers mois de l’année, le Forem a réalisé plus de 56 000 contrôles, a donné 22 000 avertissements et a procédé à 1000 exclusions. Des chiffres qui "n’intéressent pas" l’administrateur de l’UWE. "Ce qui nous intéresse, c’est d’avoir un maximum de demandeurs d’emploi qui aient les critères pour pouvoir être engagés dans les entreprises, explique Olivier de Wasseige. Ce qui nous intéresse, ce sont les chiffres de mise à l’emploi et comment peut-on faire pour améliorer l’employabilité".

Problème de formation?

Pour le patron de l’UWE, le problème réside dans la formation des demandeurs d’emploi, malgré les formations proposées par le Forem. "On a besoin de personnel hautement qualifié et on constate aujourd’hui qu’une partie des gens qui doivent être formés n’arrivent pas à cette formation hautement qualifiés et notamment parce qu’ils n’ont pas les prérequis pour suivre cette formation, avance Olivier de Wasseige. Et on remonte au problème de l’enseignement".

L’UWE a détecté 55 métiers en pénurie. Pour les patrons, il faut des formations adéquates qui correspondent aux besoins en termes de compétences pour ces métiers. "Il y a un travail qui est fait pour mettre en place des référentiels métiers qui définissent exactement les compétences dont on a besoin pour ces métiers en pénurie, continue le patrons des patrons wallons. Nous estimons qu’il faut accélérer le travail sur les formations adéquates par rapport à ces référentiels métiers". Sur les 55 métiers en pénurie, six référentiels métiers ont été mis en place sur la période 2016-2017, avance Olivier de Wasseige qui lance "un cri d’alarme au monde de l’enseignement".

Du côté du secteur de l’enseignement, on renvoie la patate chaude en disant que ce sont les employeurs eux-mêmes qui freinent parce qu’ils préfèrent former eux-mêmes leurs travailleurs, et que cette formation en alternance école-entreprise ne prend pas parce que les entreprises ne veulent pas. "Je m’insurge en faux contre cette affirmation, répond Olivier de Wasseige. Nous travaillons énormément via la fondation pour l’enseignement sur le travail de mise en place de formations, de baccalauréats, de masters".

Il y a une méfiance vis-à-vis du Forem, une lourdeur administrative à certains niveaux

Le patron de l’UWE admet tout de même que "des tas d’entrepreneurs nous disent aujourd’hui qu’ils se détournent du Forem et qu’ils recrutent par d’autres filières". "Il y a une méfiance, une lourdeur administrative à certains niveaux, estime Olivier de Wasseige. Quand on voit sur le site du Forem qu’il y a à peu près 20 000 demandes d’emplois et que quand on cherche quelque chose, on n’a pas nécessairement une réponse. Nous demandons qu’il y ait plus de gens du Forem qui s’occupent des entreprises et des demandeurs d’emploi plutôt que de travail administratif".

Fin août, le secrétaire général de la FGTB Robert Vertenueil disait dans l’Echo que les patrons étaient "cul et chemise avec le gouvernement" suite notamment à l’arrivée de Vincent Reuter (prédécesseur d’Olivier de Wasseige) au cabinet du ministre-président wallon Willy Borsus. "Vincent Reuter, cela fait un an que l’on sait à quelle date il allait avoir 65 ans, et à ce moment-là, le gouvernement Borsus n’existait pas encore, rétorque le patron des patrons wallons. Est-ce qu’on peut reprocher à un ministre-président d’engager quelqu’un qui a quitté sa fonction? Nous ne sommes jamais montés au créneau à l’époque ou des tas de cabinets d’autres tendances ont engagé des gens qui avaient un passé dans des organisations syndicales".

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