Olivier Chastel: "Il faut entendre les inquiétudes des manifestants"

Olivier Chastel "Il faut comprendre et entendre les inquiétudes les manifestants"
Olivier Chastel "Il faut comprendre et entendre les inquiétudes les manifestants" - © Tous droits réservés

Manifestation nationale et révélations de montages fiscaux au Grand-Duché du Luxembourg, l'actualité est chaude pour le gouvernement de Charles Michel. Olivier Chastel, le nouveau président du MR, n'a pas mâché ses mots. Il était l'invité de Johanne Montay et de François De Brigode dans Jeudi en prime.

Plus de 100 000 personnes dans les rues de Bruxelles, aujourd'hui, pour protester contre les mesures économiques prises par le gouvernement fédéral. Est-ce là le signe d'une impopularité du gouvernement mené par le MR ? Olivier Chastel qui vient de prendre les rênes du mouvement réformateur dit entendre l'appel des organisations syndicales et des travailleurs, mais n'hésite pas à parler d'instrumentalisation de la part du parti socialiste. " Il faut pourvoir entendre et comprendre les craintes des manifestants. Je comprends les inquiétudes, mais c'est normal lorsqu'on regarde comment le parti socialiste a orchestré une campagne pendant des semaines et qui a abouti à un sentiment de haine, de caricature et de mensonges."

Preuve à l'appui, Olivier Chastel avance que cette manifestation n'était pas un mouvement spontané. Brandissant un document des mutualités socialistes du Brabant wallon, il lit ce courriel adressé à l'ensemble de leur personnel :" La prise de position commune est de participer massivement et activement à la manifestation. Une prise de présence sera organisée et l'employeur prendra en charge la rémunération de cette journée." Pour le président du MR, cette manifestation était donc bel et bien orchestrée et organisée avec, selon lui, une terrible récupération du parti socialiste.

"Évasion fiscale insupportable"

Interrogé sur les révélations du dossier LuxLeaks, Olivier Chastel a condamné les montages financiers réalisés par de grandes entreprises au Luxembourg, avec l’assentiment des autorités luxembourgeoises. Des pratiques légales, qu’il a pourtant qualifiées d’évasion fiscale. "C’est scandaleux d’éluder l’impôt. En Belgique, nous avons déjà dans l’accord budgétaire des mesures pour taxer les montages juridiques légaux. Même s’ils sont légaux, il faut les taxer et cela doit rapporter à l’État belge. Cette évasion fiscale est insupportable. Il faut se battre au niveau européen pour une harmonisation fiscale."

Olivier Chastel s'en est pris directement au luxembourgeois Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne : "On a été bloqué en la matière par la parti populaire européen, notamment, qui ne veut pas d'évolution dans la matière. Pourquoi? Parce qu'il est dominé par un président de la Commission européenne qui était hier le patron luxembourgeois qui a inventé ces mesures (...)"

Pensions: "On ne prend personne par surprise"

Le président du MR s’est aussi adressé aux manifestants qui ont défilé ce jeudi à Bruxelles pour protester contre les réformes prévues par le gouvernement Michel. Selon lui, ces réformes sont nécessaires pour garantir la pérennité du système social belge. "On ose prendre nos responsabilités. Au travers de réformes importantes et un plan budgétaire qui permet équilibre en 2018 et surtout le paiement des pensions et des soins de santé de qualité."

"Ce gouvernement a un objectif : garantir la sécurité sociale et se dire que dans 10 ou 15 ans, les citoyens ne devront pas choisir entre des soins de santé de qualité et une pension décente. C’est pour cette raison qu’on a mis en place ces réformes. Si on veut donner un coup de fouet à l’économie belge, il fallait prendre des mesures. "Des mesures d’économie qui, selon lui, épargnent les citoyens : "On a décidé de rendre l’effort budgétaire moins important, et de réaliser davantage d’économies dans les dépenses de l’Etat."

Concernant l’allongement des carrières, "on ne prend personne par surprise. Tous ceux qui ont moins de 50 ans aujourd’hui savent que s’ils sont en bonne santé, que leur métier n’est pas pénible et que s’ils veulent une pension complète, ils devront travailler 2 ans de plus dans 15 ans. "

T.D. Quach

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