Offre d'emploi: la Belgique recherche un nouveau chef pour un possible nouveau gouvernement

Offre d'emploi: la Belgique recherche un nouveau chef pour un possible nouveau gouvernement
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Premier ministre, un job à part entière, parfois à contre-emploi, mais un job tout de même. Cependant, si la seule condition nécessaire afin d’être le grand ordonnateur du pouvoir exécutif fédéral est d’être de nationalité belge, d’autres critères, qualités et aptitudes sont hautement recommandées. Petit tour d’horizon alors qu'un duo de formateurs (Alexander De Croo et Paul Magnette) a été nommé par le Roi.

  • Etre un homme (ou une femme)

Cela paraît tellement logique et aller de soi et pourtant, la Belgique a dû attendre le départ de Charles Michel pour la présidence du Conseil européen pour qu’une femme dirige pour la première fois un gouvernement fédéral. Sophie Wilmès occupe la fonction de Première ministre depuis le 27 octobre 2019.

  • Aucun diplôme particulier n’est exigé

C’est normal et sain dans une démocratie, même si la presque totalité des Premiers ministres ont des diplômes en droit, en économie ou un doctorat en chimie comme Elio Di Rupo. Il existe toutefois des exceptions comme le socialiste flamand Achille Van Acker qui fut plusieurs fois Premier ministre après la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant, venant d’un milieu modeste, il avait arrêté l’école à onze ans. Autre exemple connu, celui de l’ancien Premier ministre PSC, Paul Vanden Boeynants qui était boucher de formation.


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  • Pas de limite d’âge

C’est également normal et sain dans une démocratie. Même si l’âge de la pension légale est encore fixé aujourd’hui à 65 ans, il est tout à fait possible de devenir bourgmestre, député, ministre et Premier ministre, en ayant un âge bien plus avancé.

  • Un salaire attractif mais jamais d’horaire précis

Plus de 11.000 euros nets par mois. Avec tous les problèmes à assumer qui découlent de la fonction.

  • Pas de permis de conduire exigé

Le poste implique une voiture de fonction avec chauffeur.

  • Parler plusieurs langues est un atout

Surtout pour pouvoir expliquer et défendre son action dans les médias de l’autre communauté mais aussi pour les questions orales posées à la Chambre par les députés le jeudi après-midi, séance retransmise par la VRT en télévision.

  • Avoir la confiance de son parti

Pour réussir, le chef du gouvernement doit avoir un parti soudé derrière lui. C’est souvent le cas lorsqu’un gouvernement se forme rapidement et que le parti est sorti vainqueur des élections. Si la coalition Vivaldi ou Avanti se met en place, le contexte est très différent. Car parmi les sept partis autour de la table, seuls Ecolo et Groen n’ont pas connu la défaite au dernier scrutin. Mais les Verts ne sont pas dans la course pour le poste de Premier ministre.

Pour avoir une formation soudée et solide derrière soi, il faut aussi que le parti considère qu’obtenir le poste de Premier ministre soit un plus, un atout. Et que les barons qui espèrent souvent décrocher un poste de ministre, ne se sentent pas trop "brimés" en termes de portefeuille à cause de cela.

Et puis, un Premier ministre se doit, même s’il s’en défend toujours, d’assumer les sondages. Si, au fil de la législature, ils ne cessent d’être mauvais, cela risque de créer d’inévitables tensions en interne.

  • Avoir de la personnalité, être un chef d’équipe

Surtout pour celui ou celle qui se retrouvera à la tête d’une possible coalition Vivaldi ou Avanti. C’est la première fois en Belgique qu’il y aura un gouvernement réunissant sept partis. Le gouvernement Di Rupo n’en comptait que six. Le chef du gouvernement devra du coup encore plus se mettre au-dessus de la mêlée et mettre de côté son étiquette politique pour rassembler.

A ce propos, sans remonter trop loin, les derniers Premiers ministres n’avaient pas tous la même manière de faire. Il y a le style Dehaene, Premier ministre de 1991 à 1999, qui était un bulldozer, celui qui dynamisait son équipe. Et il y a le style Martens ou Leterme, qui était plus celui d’un notaire.

  • Avoir un bon vice-Premier ministre

Le bon plan souvent évoqué est d’avoir un vice-Premier ministre de son parti qui soit fiable, fort et loyal. Un vice-Premier ministre qui peut prendre des coups et en donner. Car si le Premier ministre se met au-dessus de la mêlée, pour représenter son parti au sein de la coalition, c’est le vice-Premier ministre qui joue ce rôle. On se souvient que Jean-Luc Dehaene l’a fait pour Wilfried Martens, Herman Van Rompuy pour Jean-Luc Dehaene ou encore Laurette Onkelinx pour Elio Di Rupo.

  • Assumer sans cesse les couacs

Ce que Charles Michel a dû faire. Avec les couacs provenant des ministres de son propre parti comme ceux de Jacqueline Galant que Charles Michel a mise sur la touche. Et pourtant, elle lui était proche.

Et puis, il y a les couacs et problèmes provenant des partenaires gouvernementaux. Et notamment les tweets et la communication de Theo Francken. Plusieurs fois, on se rappelle que dans l’entourage du Premier ministre, on expliquait que Charles Michel avait "recadré" le secrétaire d’Etat N-VA.

  • Un CDD qui ne se transformera jamais en CDI

Cela fait partie du jeu. Chaque Premier ministre sait qu’il n’est pas en fonction pour 15 ou 20 ans. Si Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt sont restés deux législatures au 16, rue de la Loi. Depuis 2007, c’est fini. Un petit tour et puis s’en va. Et donc, il faut toujours penser à l’après. Mais les reconversions ne manquent pas. Elio Di Rupo est aujourd’hui ministre-président wallon, Charles Michel est président du Conseil européen. Et Guy Verhofstadt comme Jean-Luc Dehaene, ont joué la carte de l’Europe.

Et enfin, ou surtout, il faut aimer les problèmes et les difficultés pour tenter de les résoudre...

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