Office wallon des déchets: le cabinet Di Antonio montré du doigt

Vincent Peremans, qui venait de quitter la veille sa fonction de chef de cabinet du ministre wallon de l'Environnement Carlo Di Antonio (cdH), a proposé le 5 janvier un "accord confidentiel" à une gérante pour effacer la négligence de l'Office wallon des déchets (OWD) dans un dossier de dépollution, indique un courriel que L'Avenir publie vendredi.

Dans un e-mail envoyé à l'ancienne exploitante d'une station-service dont le site devait être dépollué, Vincent Peremans (désormais patron du groupe TEC) propose "un accord confidentiel entre avocats" qui "ne peut pas être public ni écrit". Ce dernier doit permettre que "tout le monde en sorte gagnant", explique celui qui a quitté la veille le cabinet du ministre.

 

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Le mail envoyé par l'ex-chef de cabinet du ministre Carlo Di Antonio © RTBF

Dossier négligé jusqu'en 2008

Le litige dont il est question concerne le dossier de dépollution d'une station-service de Fosses-la-Ville. L'OWD, qui avait pris l'affaire en charge en 2003, a négligé le dossier jusqu'en 2008. Benoit Lutgen (cdH), qui est alors ministre de l'Environnement, estime que l'administration a "méconnu l'obligation d'agir dans un délai raisonnable" et a "manqué à son devoir de diligence". Un premier accord, décidé en toute transparence par le gouvernement, intervient alors avec la gérante.

Le dossier se poursuit ensuite devant les tribunaux, l'OWD réclamant toujours que l'ancienne exploitante se charge de la dépollution, dont le coût est évalué à environ 1,5 million d'euros. C'est dans ce cadre que Vincent Peremans a proposé un accord confidentiel, qui n'a jamais été conclu.

Rien n'indique que le ministre Di Antonio était au courant de cette proposition, souligne L'Avenir.

Une "anomalie"

L’avocat de l’ancienne exploitante dénonce les "carences de l’administration, plus spécifiquement de l’OWD" dans ce dossier complexe. Quant à cette proposition d’accord secret, Me David Poelaert estime que ce type de transaction est parfois envisagé, mais il précise: "j’ose espérer que ce n’est pas fréquent et qu’il s’agit d’une certaine anomalie. Il faut en effet faire les choses en respectant les règles administratives, notamment en ce qui concerne la justification de libération des sommes".

Di Antonio: "Je démens formellement ces insinuations"

Le ministre wallon de l'Environnement a réagi à cette nouvelle controverse. "Mais ça arrive dans toutes les affaires, explique Carlo Di Antonio. Les avocats négocient confidentiellement, et retournent ensuite vers leur client pour entériner l’accord potentiel qui dans ce cas n’a plus rien de confidentiel, plus rien de secret, plus rien de caché. Il s'agit d'une procédure normale, classique et habituelle pour régler ce genre de litige. Et donc je m’insurge contre ces insinuations, de l'ordre du fantasme".

Vincent Peremans, lui, était injoignable ce vendredi.

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