O. Maingain: la N-VA, "comme sous l'occupation allemande"

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Le ministre flamand Geert Bourgeois a réaffirmé mardi que les trois bourgmestres de la périphérie ne seraient jamais nommés. Pour le FDF Olivier Maingain, c'est "la négation de la démocratie". Il faut vraiment sortir ces communes de Flandre, dit-il.

Le ministre flamand N-VA des Affaires intérieures Geert Bourgeois a signé mardi un arrêté rejetant pour la troisième fois, depuis les élections communales de 2006, la candidature des bourgmestres non nommés des communes à facilités de Crainhem, de Linkebeek et de Wezembeek-Oppem.

Interrogé par Bertrand Henne, le président du FDF Olivier Maingain déclare : "Monsieur Bourgeois a dit clairement en commission du Parlement flamand qu'il avait d'autres bourgmestres dans sa poche; je ne sais pas lesquels mais visiblement pas des gens qui seront présentés par les majorités en place. C'est vraiment la négation de la démocratie. Il n'y a qu'une seule période de notre histoire pendant laquelle les bourgmestres ont été choisis d'autorité sans qu'ils soient consacrés par le suffrage universel, c'est sous l'occupation allemande. La comparaison est forte mais ça dénote quand même un état d'esprit de la part de la N-VA qui considère que le suffrage universel n'a aucune importance : il faut des bourgmestres qui se conforment aux exigences flamandes. Je rappelle que les circulaires du gouvernement flamand ont été déclarées illégales par des tribunaux du pouvoir judiciaire à Bruxelles. Le tribunal de première instance, tant une chambre flamande qu'une chambre francophone, a déclaré ces circulaires illégales. Donc les bourgmestres ont commis le scandaleux acte d'oser envoyer des convocations électorales en français à des électeurs francophones comme on le faisait depuis 40 ans dans ces communes : voilà pourquoi ils ne sont pas nommés et pourquoi, la N-VA (visiblement avec le silence complice de ses partenaires de la majorité au gouvernement flamand) ne veut plus jamais qu'ils soient nommés. Laisser ces communes et ces populations êtres livrés à l'arbitraire, aux abus de droit, aux mesures vexatoires et discriminatoires du gouvernement flamand n'est plus tolérable. Il faut coûte que coûte les sortir de Flandre pour qu'enfin il y ait une solution de pacification communautaire. Moi je suis reconnu, même de la presse flamande, comme le bourgmestre bruxellois le plus respectueux des droits des Flamands de sa commune, c'est bien la preuve qu'à Bruxelles tout le monde est respecté. Du côté des FDF, je m'honore de respecter les droits démocratiques de tous les citoyens. Et dans toutes les communes que nous gérons, aussi bien à Bruxelles qu'en périphérie, nous sommes les vrais pacificateurs communautaires".

Les propos d'Olivier Maingain choquent

Ce mercredi à l'entrée du conseil des ministres certains ont voulu réagir aux propos d'Olivier Maingain comparant l'attitude de la N-VA à l'occupation allemande. Le vice-Premier ministre CD&V Steven Vanackere se dit "blessé".

Le parti libéral flamand Open VLD déclare ces propos "injurieux", tandis qu'au PS on parle de "provocation". Le CD&V demande au président du MR Didier Reynders de prendre ses distances par rapport aux déclarations d'Olivier Maingain. Didier Reynders déclare en tout cas que "les propos de Geert Bourgeois sont dangereux".

Kris Peeters soutient ses ministres

Le CD&V a qualifié de malheureux le moment choisi par Geert Bourgeois parce qu'il met à nouveau sous forte pression les relations communautaires alors que le médiateur royal Jean-Luc Dehaene tente de trouver des solutions dans ce domaine. La N-VA, parti de Geert Bourgeois, se disait en revanche très surprise de cette réaction, étant donné que Kris Peeters était au courant de la décision.

"Le ministre Bourgeois m'a informé qu'il prendrait cette décision", a expliqué Kris Peeters. Et d'ajouter: "Il n'est pas nécessaire de donner mon approbation. Je soutiens mes ministres quand ils prennent des décisions dans le cadre de leurs compétences". Kris Peeters n'a pas voulu se prononcer sur les problèmes qu'il attirerait de la sorte à son parti et à Jean-Luc Dehaene. "Pour l'intérêt du parti, vous devez vous adresser à Mme Thyssen", a-t-il fait remarquer.

Yves Leterme déplore les provocations

Le premier ministre Yves Leterme a dit mercredi déplorer les provocations dans le cadre du dossier BHV que tente de déminer Jean-Luc Dehaene, chargé par le roi de trouver des pistes de solutions aux problèmes institutionnels, et en particulier à celui de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Sans vouloir donner de commentaire quant à l'évolution de la mission de Jean-Luc Dehaene, censée aboutir après les vacances de Pâques, le premier ministre a appelé l'ensemble des protagonistes à oeuvrer à la recherche d'un "accord" plutôt que de s'enfermer dans des "querelles".

 

A.L. avec B. Henne et Belga

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