Numéros INAMI: le Fédéral communautarise les soins de santé, accusent les étudiants

Le drapeau de l'Unécof
Le drapeau de l'Unécof - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le front commun des étudiants, réunissant la Fédération des étudiants francophones (FEF), l'Union des étudiants de la Communauté française (Unécof), le Comité interuniversitaire des étudiants en médecine (CIUM) et six conseils étudiants, accuse dans un communiqué vendredi le gouvernement fédéral de "communautariser les soins de santé et de faire fi des enseignements du Conseil d'État". Il réagit ainsi à la décision du fédéral de maintenir la clé de répartition des quotas des numéros Inami entre la Flandre (60%) et la Fédération Wallonie-Bruxelles (40%), contre l'avis de la commission de planification médicale qui proposait une répartition plus favorable aux francophones.

Les francophones se font complètement avoir

Pour les étudiants, la décision du gouvernement fédéral "va mettre en péril grave l'avenir de nos soins de santé". La ministre de la Santé, Maggie De Block, justifie la décision de garder inchangée la clé de répartition par les risques de pénurie en Flandre mais aussi par le surplus d'étudiants francophones diplômés d'ici 2021.

"C'est un scandale de choisir l'idéologie plutôt que de se conformer aux faits", s'offusque Opaline Meunier, présidente de l'Unécof. "C'est la N-VA qui est à la manœuvre dans ce dossier et les francophones se font complètement avoir".

La présidente de l'Unécof est également scandalisée par la décision de la ministre de la Santé, Maggie De Block, de n'attribuer des numéros Inami qu'aux étudiants en dernière année de médecine et de soumettre les autres à des évaluations annuelles pour déterminer si elle accorde le précieux sésame. "Encore une fois, elle choisit une solution bancale et annuelle plutôt que la stabilité", déplore-t-elle. "C'est vraiment pour tenir la Communauté française qui devra chaque année aller mendier pour des numéros Inami. C'est une ingérence du fédéral qui n'est pas normale".

Elle salue toutefois la décision de Jean-Claude Marcourt, le ministre de l'Enseignement supérieur pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, de suivre la décision des tribunaux civils en ce qui concerne les "reçus-collés", ces étudiants qui ont réussi leurs examens mais qui ne se sont pas classés en ordre utile lors du concours organisé en fin de 1ère année.

"Même si la décision des tribunaux est défavorable aux étudiants, l'arrêté royal instaurant le concours a été suspendu donc le ministre sera bien obligé d'inscrire tous les étudiants dans l'année supérieure", précise-t-elle.

Trois exigences

Les étudiants saluent "le changement de position du gouvernement fédéral quant à la pénurie en Flandre". Toutefois, "en ne prenant pas en compte l'augmentation des besoins futurs davantage prononcés en Wallonie, (...) contre toute évidence scientifique, le cabinet De Block et le gouvernement fédéral répondent à des logiques partisanes" plutôt que de rechercher l'intérêt général.

Les étudiants rappellent également que les quotas 2021 ont été invalidés par le Conseil d'État cet été, la haute juridiction les estimant non fondés. "Par conséquent, en l'absence de nouvelles motivations justifiant le nombre de numéros Inami, (...) chaque été, nous revivrons la même situation que celle de 2016".

Le front commun estudiantin formule trois exigences: l'attribution d'un numéro Inami à tous les étudiants en cours de cursus, l'analyse des quotas fédéraux par un audit externe et une opposition au lissage négatif, c'est-à-dire le mécanisme qui réduirait le nombre d'étudiants admis en médecine dans les universités francophones en compensation du surplus de diplômés ces dernières années.

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