Geert Bourgeois accuse: les astreintes bruxelloises détruisent des emplois à Zaventem

Président du gouvernement flamand, Geert Bourgeois compte déclencher une procédure en conflit d'intérêts contre la décision du gouvernement bruxellois.
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Président du gouvernement flamand, Geert Bourgeois compte déclencher une procédure en conflit d'intérêts contre la décision du gouvernement bruxellois. - © Tous droits réservés

Le dossier des nuisances sonores générées par les avions de l'aéroport de Bruxelles (Zaventem) sera sur la table du prochain Comité de concertation, selon le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Les représentants de tous les gouvernements du pays se sont rencontrés ce mercredi matin, pour le Comité de Concertation mensuel. Si la saga des nuisances sonores au dessus et autour de Bruxelles n'était pas formellement à l'agenda, il en a bel et bien été question. Le gouvernement flamand a en effet décidé au début du mois d'invoquer un conflit d'intérêt face à l'intention du gouvernement bruxellois d'imposer la "tolérance zéro" et donc des astreintes en cas de dépassement des normes de bruit.

Le gouvernement flamand compte déclencher une procédure en conflit d'intérêts contre la décision du gouvernement bruxellois de ne plus accorder en 2017 de marge de tolérance sur les normes de bruit. Il espère aussi, de la sorte, mettre la pression sur le gouvernement fédéral et son ministre de la Mobilité François Bellot (MR), pour une loi sur les routes aériennes.

Le gouvernement flamand accuse: la décision bruxelloise est "irresponsable", a répété mercredi Geert Bourgeois. Les astreintes bruxelloises détruisent des emplois à Zaventem. Le départ de deux compagnies cargo aurait entraîné la perte de 3000 emplois directs et indirects, par crainte d'amendes pour leurs Boeing 747 qui ne peuvent respecter ces normes. D'autres compagnies sont aussi dans l'expectative. Air cargo Belgium, le lobby des entreprises de fret aérien à Brussels Airport, parle de 3500 emplois menacés. Pour Geert Bourgeois (N-VA), la décision bruxelloise est aussi "très néfaste pour Bruxelles"

Un constat contesté par le ministre-président bruxellois 

"Quelque part les normes ont bon dos. Par ailleurs je vois que d'autres compagnies arrivent sur l'aéroport. La vraie question est de trouver un juste équilibre dans le développement de l'aéroport", dit Rudi Vervoort (PS), le ministre-président bruxellois, qui souligne l'urgence d'une solution globale. "Chacun doit y travailler, car les nuisances ne sont pas seulement pour Bruxelles, mais les Bruxellois et leur qualité de vie méritent du respect", a-t-il déclaré à la VRT, à l'entame du Comité de concertation.

La Wallonie prend aussi part au débat, à la suite de plaintes de citoyens du Brabant Wallon. Huit sonomètres ont été activés à Waterloo (2), Braine-L'Alleud, La Hulpe, Rixensart, Wavre, Grez-Doiceau et Chaumont-Gistoux, pour une campagne de mesure de deux semaines minimum. Le ministre wallon en charge de la politique aéroportuaire, René Collin (cdH), espère ainsi objectiver l'importance du bruit dû à l'activité de l'aéroport de Bruxelles.

Mais Geert Bourgeois n'en démord pas, il s'impatiente. Si Bruxelles veut être une capitale internationale et prétendre développer l'emploi, elle doit respecter les intérêts de l'aéroport, pour le ministre-président flamand. Mais pour résoudre le casse-tête des nuisances sonores, c'est vers le ministre fédéral de la mobilité qu'il se tourne: "On attend déjà M. Bellot pour une nouvelle loi depuis des mois et ça, c'est au fédéral. Et ça n'avance pas non plus".

Cela n'empêchera pas le dossier de revenir le mois prochain devant le Comité de concertation.

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