Nucléaire: la sortie du patron de l'AFCN fragilise-t-elle la majorité?

Marie-Christine Marghem
Marie-Christine Marghem - © ERIC LALMAND - BELGA

Les propos de Jan Bens, le directeur de l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) font toujours réagir. Dans une interview au "Soir", il a reconnu, lors de sa carrière antérieure à Tractebel, avoir "livré des enveloppes" lors de conclusion de marchés au Kazakhstan. Des propos qui fragilisent l'homme dont l'institution doit donner son "feu vert" au possible redémarrage des centrales nucléaires de Doel 1 et 2 souhaité par le gouvernement.

Le moins que l'on puisse dire est que Jan Bens a donné tous les bâtons pour se faire battre. Rappeler les coulisses d'une mission de 1995 au Kazakstan et revendiquer avoir distribué des enveloppes, c'est déjà maladroit et cela suscite des réactions. Côté majorité, comme côté opposition. Ecolo, Groen, PS et sp.a annoncent des interpellations, des questions au ministre de l'Intérieur, le N-VA Jan Jambon, autorité de tutelle de l'AFCN. Le même Jan Jambon qui a demandé dès lundi soir que le conseil d'administration de l'AFCN fasse "la lumière sur les propos tenus".

Le conseil d'administration devrait se réunir vendredi à 14h et se saisir de la demande du ministre. La porte-parole de l'AFCN a déjà insisté sur le fait que la mission kazakhe de Jan Bens était totalement indépendante de ses activités comme directeur général de l'AFCN et dénonce les tentatives de récupérer l'affaire à des fins politiques.

Mais il y a plus. Dans la même interview, Jan Bens a plus qu'égratigné le projet de loi de la ministre de l'énergie Marie-Christine Marghem visant à la relance de Doel 1 et 2, en évoquant "une loi acrobatie juridique un peu bizarre". De quoi donner des arguments en plus à l'opposition qui fourbit déjà ses armes et pas vraiment de quoi plaire au gouvernement, un gouvernement qui répète que l'AFCN sera seul juge en terme de sécurité pour donner l'ultime feu vert à la relance des centrales.

La députée de l'opposition Karine Lalieux (PS) a d'ailleurs demandé une audition de celui-ci en commission de l'Economie de la Chambre, avant la plénière de mercredi, mais la majorité a refusé.

Le texte sur Doel 1 et 2 sera donc débattu dès mercredi en plénière de la Chambre. 

Les discussions - avec peut-être deux lectures comme le demanderait désormais l'opposition - promettent d'être à nouveau très longues au Parlement…

Avec Fabien Van Eeckhaut

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