Nucléaire: la ministre Marghem aurait menti, l'opposition veut sa démission

"La ministre Marghem a menti au Parlement et aux Belges" selon Jean-Marc Nollet (Ecolo)
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"La ministre Marghem a menti au Parlement et aux Belges" selon Jean-Marc Nollet (Ecolo) - © RTBF

Les écologistes du nord et du sud du pays ont accusé mardi la ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), d'avoir menti mardi dernier à la Chambre en présentant un avis juridique - manuscrit - sur la prolongation des réacteurs nucléaires de Doel 1 et Doel 2 en assurant que cette note avait été rédigée par ses soins, "en interne", avec les juristes de son cabinet et de son administration alors qu'elle émane d'un bureau d'avocats et que la ministre l'a modifiée en gommant certains passages. La ministre libérale parle d'"une petite tempête dans un petit verre d'eau".

Ecolo et Groen affirment dans un communiqué avoir pu mettre la main sur la note juridique externe utilisée par Marie-Christine Marghem dans les débats parlementaires (la note de la ministre - l'avis du bureau d'avocats). Mais les écologistes accusent la ministre d'avoir "omis d'inclure les conclusions retenues par les juristes qu'elle a consultés".

"L'avis juridique que la ministre a présenté aux parlementaires la semaine dernière est un plagiat incomplet. En affirmant ne pas avoir eu recours à un cabinet d'avocats, en modifiant certains passages et en mettant de côté la conclusion de l'avis juridique qu'elle a reçu, la ministre Marghem a manipulé le dossier et a menti au Parlement et aux Belges", estiment les chefs de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Kristof Calvo et Jean-Marc Nollet.

"Une petite tempête dans un petit verre d'eau" ?

La ministre a dû s'expliquer, ce mardi matin, en Commission économique de la Chambre. Arrivée avec une heure de retard, elle a déclaré à la RTBF qu'il s'agissait d'"une petite tempête dans un petit verre d'eau" même si elle reconnaît qu'il y a bien eu un avis juridique externe du cabinet d'avocats qui travaille habituellement avec l'administration et le cabinet de la ministre de l'Energie. Mais l'important pour elle, "c'est la sécurité d'approvisionnement et la sécurité des infrastructures nucléaires".

Mais le ton est monté parce que jusqu'ici la ministre de l’Energie affirmait que le projet de prolonger la vie des réacteurs de Doel 1 et Doel 2 reposait sur un avis juridique interne de son cabinet.

"Marghemgate"

Mensonge ? Manipulation ? L'opposition fédérale parle de "Marghemgate".

Pour Jean-Marc Nollet (Ecolo), "l’élément est grave parce que la ministre en mentant au Parlement manipule la situation".

"On ne peut pas travailler sur un sujet d’une prolongation de deux centrales nucléaires, dont une est fermée aujourd’hui, on ne peut pas travailler avec des soupçons et avec une ministre qui semble tromper ou tricher avec ce Parlement", estime pour sa part la députée socialiste Karine Lalieux.

Juste une synthèse

De son côté, la ministre Marghem rappelle que cet avis fait partie d'un ensemble d'avis qu'elle a reçu et dit qu'elle avait le droit d'en faire la synthèse : "Je reçois des avis de mon administration et un moment donné je fais la synthèse et j'assume". Et d'ajouter : "Il n'y a pas un avis juridique qui dit toute la vérité".

"Quel est l’essentiel ? La sécurité d’approvisionnement pour le prochain hiver. Deuxième chose, c’est la sûreté nucléaire. C’est l’Agence fédérale de contrôle nucléaire qui doit s’en occuper, alors tous ces chipotages juridiques, je le dis moi-même, franchement à côté de ces deux éléments, cela me fait rire", conclut-elle. 

Finalement après conciliabule au sein de la majorité, visiblement embarrassée par la polémique, l’avis juridique externe du cabinet Janson a bien été transmis aux membres de la Commission.

RTBF

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