"Nouvelles conquêtes": quand Elio Di Rupo tente de donner un nouvel horizon à la gauche

C'est une rentrée politique de plus pour le président du Parti Socialiste Elio Di Rupo. Une rentrée dans un contexte particulier puisque le PS se cherche un nouveau souffle après la série d'affaires qui l'ont entaché.

Le président du PS en profite pour proposer des pistes de ce qu'il présente comme une nouvelle vision du socialisme. "Un nouvel horizon" pour la gauche qu'il présente dans un livre intitulé "Nouvelles conquêtes".

"C'est dans un contexte peu réjouissant que je me projette au-delà de l'horizon immédiat et qu'avec l'ensemble du PS, je formule des propositions concrètes pour les années à venir", annonce-t-il.

"Écosocialisme"

Un livre d'un peu plus de 300 pages, consacré d'une part à son expérience personnelle. Elio Di Rupo relate son parcours ainsi que les épreuves qu'il a du traverser jusqu'à maintenant en politique. "Mon enfance explique en grande partie l'objet de mes préoccupations", dit-il.

Il traite des mutations rapides et profondes auxquelles la société est confrontée ainsi que les effets qui en résultent. Elio Di Rupo met l'accent sur l'écosocialisme. "De nos jours, on ne peut plus être socialiste sans être écologiste", écrit-il. Il assigne à la Wallonie et à Bruxelles un objectif ambitieux : être les deux premières régions d'Europe sans gaz à effet de serre d'ici 2050. Il propose aussi d'interdire dès 2030 la vente de véhicules neufs roulant aux carburants fossiles. "Le socialisme de demain doit concilier la protection de l'environnement avec une lutte permanente contre les inégalités sociales."

Obligation scolaire dès 3 ans

L'émancipation de l'individu est aussi au cœur des préoccupations. Et pour Elio Di Rupo, l'émancipation passe premièrement par l'enseignement. Il souhaite une obligation scolaire à partir de 3 ans, une véritable gratuité de l'enseignement ainsi qu'un investissement supplémentaire de 2 milliards d'euros.

L'emploi occupe aussi une large part de ses réflexions. Le président socialiste détaille son projet d'une réduction collective du temps de travail. Il préconise de limiter l'écart salarial dans une entreprise à un rapport d'1 à 15 et de créer des entreprises à co-décision associant dans la gestion travailleurs et détenteurs de capitaux.

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Le président du PS espère tracer la voie d'un socialisme constructif du 21ème siècle. © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Éradiquer la pauvreté d'ici 2030

Autre point important, d'ici 2030, il se fixe l'objectif d'éradiquer la pauvreté. Il plaide à ce titre pour l'individualisation des droits sociaux et un bonus social généralisé sous forme de complément financier qui permettrait aux revenus les plus bas d'atteindre le seuil de pauvreté, soit 1115 euros pour une personne seule.

"Sous pression des libéraux, le PS avait accepté d'accroître la dégressivité des allocations de chômage." Elio Di Rupo réclame désormais la suppression de celle-ci. Quelques sources de financement sont aussi dégagées : globalisation des revenus, contribution sociale généralisée, impôt sur la fortune, cotisation sociale sur la technologie, etc.

"Constituante citoyenne"

Le rôle de l'État ainsi que la participation des citoyens sont aussi largement abordés. Elio Di Rupo réitère sa proposition d'une "constituante citoyenne" pour définir les valeurs fondamentales de la Belgique et insiste sur la "démocratie contributive" par laquelle les citoyens pourraient, par exemple, proposer des amendements à des textes discutés dans des assemblées politiques.

Des propositions réalisées sur base d'une citation de Carlo Rosselli, l'un des artisans du socialisme réformiste : "Le socialisme, c'est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres".

Le président du PS espère tracer la voie d'un socialisme constructif du 21ème siècle.

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