"Notre enseignement va mal, mais le Pacte d'excellence a réussi à mettre d'accord les grands acteurs"

"Notre enseignement va mal, mais le Pacte d'excellence a réussi à mettre d'accord les grands acteurs"
"Notre enseignement va mal, mais le Pacte d'excellence a réussi à mettre d'accord les grands acteurs" - © Tous droits réservés

Qui dit arrivée du mois de septembre dit rentrée scolaire. Et avec celle-ci la dernière rentrée du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avant les élections. Où en sont les réformes et le fameux Pacte d'excellence censé aboutir dans quelques mois ? Frédérique Mawet, secrétaire général de l'association ChanGement pour l'égalité, décrypte.

"Oui notre enseignement va toujours mal", tranche Frédérique Mawet. Les mesures que prévoit le Pacte, notamment en termes d'égalité scolaire et sociale, sont toujours couchées sur papier, mais pas appliquées effectivement dans les établissements. Même s'il va falloir "15 ans" pour que le tout soit mis en œuvre, il reste urgent que les inégalités se réduisent et que la qualité pour tous soit augmentée.

Loyauté des grands acteurs

Dans quelques mois, les élections législatives fédérales chasseront les communales et un nouveau gouvernement verra le jour. Frédérique Mawet s'inquiète donc d'une certaine continuité qui est cependant "nécessaire en politique". Est-ce possible en Belgique francophone ? "S'il faut 15 ans, ça veut dire que ce qui a été analysé et projeté de faire va devoir être réalisé dans la continuité avec de la cohérence. Il va certainement falloir réévaluer et repréciser. C'est une feuille de route qui va devoir pouvoir se modifier, mais il faut de la cohérence et il faut maintenir les objectifs." Quoi qu'il en soit, la secrétaire général de ChanGement doute.

À cette continuité s'ajoute également l'importance du consensus au sein des acteurs de terrain, qui est l'originalité de ce pacte. Là aussi ça coince puisque les piliers s'arc-boutent encore en coulisses et les freins ne sont d'ailleurs pas que politiques. Les syndicats aussi ralentissent le processus. Frédérique Mawet nuance : "Ce n'est pas simple, mais en même temps le Pacte est quand même arrivé à mettre d'accord les grands acteurs, même si ça n'a pas été facile — les syndicats, les réseaux, les associations de parents". Reste à savoir si ces différents acteurs continueront à être loyaux au Pacte à l'avenir.

46% de redoublement

Une des grandes réformes ces dernières années a été le décret Inscription, qui a justement voulu éviter le tri sélectif à l'entrée de certaines écoles secondaires. Or, on voit qu'il y a eu des allées et venues, des marches arrière, et que 15 ans après la mise en place de ce décret Inscription, les inégalités sociales se sont creusées en Belgique. "Ce n'est pas pour autant qu'il faille revenir en arrière. Ce décret est arrivé beaucoup trop tard et tout seul."

En Wallonie, sur les 200.000 demandeurs d'emploi, 45% n'ont pas de diplôme du secondaire. En Fédération Wallonie-Bruxelles, 46% des élèves redoublent, soit quatre fois plus que les autres pays voisins. Ces chiffres effrayants inquiètent pas mal de parents qui craignent que le Pacte d'excellence nivelle l'enseignement vers le bas. "Il y a toute une série de conditions qu'il faut mettre en place, qu'il faut implémenter et qui ont été analysées, indiquées et proposées dans le Pacte, à ces conditions-là et moyennant un travail conséquent et un soutien de tous, on peut vraiment arriver à faire progresser notre enseignement", juge la spécialiste de l'égalité. Une série de pays y sont d'ailleurs arrivés : la Finlande, mais aussi la Suède, qui ont fait énormément progresser leur enseignement. Des pays riches répondront certains, mais pour Frédérique Mawet c'est indiscutable : "La Belgique est un pays riche".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK