Note transmise à Sophie Wilmès : voici la proposition des socialistes pour former un gouvernement

Que contient la note de Conner Rousseau (sp.a) et Paul Magnette (PS) transmise à Sophie Wilmès ? Il s’agit d’une proposition, d’un plan de relance élaboré après consultations des différents partis pour donner un coup d’accélérateur à la formation du prochain gouvernement fédéral. Car le temps presse : le 26 juin marquera la fin des pouvoirs spéciaux pour l'actuel gouvernement et le 17 septembre au plus tard, la Première ministre s'est engagée à redemander la confiance du parlement. Ce qui suppose q'un gouvernement de plein exercice, majoritaire, ait vu le jour d'ici là. Le délai est donc serré pour rassembler les formations politiques nécessaires à la formation de ce nouveau gouvernement qui attend de voir le jour depuis plus d'un an. Un an durant lequel plusieurs propositions ont été déjà envisagées et toutes balayées. Et celle que défendent les socialistes francophones et flamands aujourd'hui est déjà loin de faire l'unanimité. 

Juin : les socialistes rejoignent l’actuel gouvernement

Première étape selon cette note : former une tripartite classique. Les socialistes (28 sièges) rejoindraient, le gouvernement Wilmès (MR, Open VLD, CD&V). Avec l'appui également du cdH (5 sièges), le gouvernement actuel et ses 38 sièges en atteindrait 71 sur les 150 qui composent le parlement. Il resterait donc minoritaire. Mais ce ne serait qu'un première phase, une "majorité relative" comme la nomme Paul Magnette. Une majorité toutefois nécessaire selon les socialistes pour préparer la suite des discussions et confectionner un plan de relance d'ici septembre.  

 

 

Septembre : le moment de vérité

Lorsqu'il devra demander la confiance du parlement, ce gouvernement devra alors être complété, rejoint par d'autres partenaires pour devenir majoritaire. Pour cela, deux possibilités sont envisagées dans cette note : recevoir le soutien de la N-VA (+ 25 sièges) ou celui des écologistes (+ 21 sièges). Il reviendra donc à la N-VA et aux Verts de choisir leur camp.

Une note déjà mal accueillie par les Verts et la N-VA 


Cette proposition, qui permettrait de contourner le problème des exclusives, sonne pour certains comme une pirouette judicieuse pour éviter aux socialistes d'endosser la responsabilité d'un nouvel échec des discussions. Elle n'est donc pas du goût de tous, à commencer par les Verts : " Il y a deux hypothèses, soit un gouvernement avec la N-VA sans les Verts, soit un gouvernement avec les Verts mais sans la N-VA. Moi je constate que les socialistes n’ont pas choisi, et je leur demande de choisir ! ", a déclaré ce mardi sur Matin Première le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Georges Gilkinet, très critique envers la méthode de travail des socialistes : "Je n’ai pas vu, je n’ai pas reçu ce rapport. Les deux partis socialistes se sont auto-nommés comme ‘renifleurs’, chargés d’essayer d’éclairer la situation. Ils ont terminé leur mission, selon ce que j’ai pu voir dans la presse, mais nous qui les avons rencontrés à deux reprises, nous n’avons pas reçu leur rapport. J’en conclus que leur mission est un échec, et ce n’est pas très élégant comme méthode de travail."

Du côté de la N-VA, le son de cloche est similaire. Theo Francken a rejeté cette idée de gouvernement minoritaire, ne l'estimant pas adapté au modèle belge. La réaction de Bart De Wever est aussi attendue avec impatience. Tout comme celles du CD&V et de l’Open VLD qui se refusent pour le moment à tout commentaire.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, semble quant à lui moins réticent à cette note, même si l'enthousiasme est plus que modéré : "Ça ne peut en aucun cas être un premier choix. Le premier choix, c'est une majorité large qui soit une majorité dans les différentes communautés du pays. Mais si à un moment donné, on arrive à nous démontrer qu'aucune autre formule n'est possible, ce serait irresponsable de dire que l'on rejette en ce compris, celle-là. Mais il faut démontrer que les autres ne sont pas possibles et ce n'est pas le cas aujourd'hui". 

Seul le cdH s'est dit pour le moment favorable à ce scénario, le jugeant "constructif" : "Soyons clairs: dans 10 jours c'est la fin des pouvoirs spéciaux. La fin aussi du super kern et d'un appui large à l'actuel gouvernement. Et ce alors même que notre pays a besoin d'un plan de relance fort et rapide! Les faillites en masse s'annoncent et hélas les pertes d'emploi aussi. Le statut quo n'est plus possible", a souligné le président Maxime Prévot. "Si pareille démarche devait prendre forme dans les jours qui viennent au vu de l'urgence d'action, le cdH pourrait y souscrire et s'impliquer avec la force de ses idées car il est plus que temps d'offrir à la Belgique une perspective positive de sortie de crise", a-t-il conclu.

Paul Magnette a quant à lui convoqué une réunion de bureau de parti à 16h. Il y continuera de présenter le contenu de sa note. "Si quelqu'un a une autre solution, il peut la dire. Je veux éviter la paralysie et les élections.", a-t-il déclaré sur le plateau du J.T. de 13h.

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