Note De Wever: à la VRT, Paul Magnette baisse le ton

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La note présentée dimanche par Bart De Wever en tant que "clarificateur" est à 90% le texte du préformateur, Elio Di Rupo. Seuls les derniers 10% émanent de Bart De Wever et posent problème aux francophones, a affirmé mardi le ministre Paul Magnette (PS).

 

"Nous avons des problèmes sur une vingtaine de points", a-t-il dit à la VRT-radio, tout en soulignant que cette note constitue une base pour la poursuite des discussions. Paul Magnette a souligné que le PS n'avait pas encore dit "non" à la note de Bart De Wever mais ne comprend pas pourquoi l'ex-clarificateur a rédigé un tel texte. La note De Wever est selon lui, "partiale", alors que celle d'Elio Di Rupo était "équilibrée".

Pourtant, Paul Magnette estime que les textes convergent sur 90% de leur contenu mais que les 10% restant du texte de Bart De Wever posent problème. Une position qui tranche avec les propos antérieurs des présidents de parti francophones, pour qui Bart De Wever avait systématiquement omis les demandes francophones, se contentant de prendre leurs ouvertures pour agrent comptant et chargeant la barque avec un catalogue de mesures issues des agendas des partis flamands.

Une évaluation objective : pourquoi pas ?

Reste que les "10% qui posent problème" relèvent des domaines fondamentaux pour les francophones, comme la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde ou le statut de Bruxelles. La Carolo a également exprimé ses craintes qu'une révision de la loi de financement en appliquant les critères proposés par le président de la N-VA rende le gouvernement fédéral incapable d'accomplir ses missions en matière de solidarité interpersonnelle ou de gestion de la dette. Il a plaidé pour une évaluation "objective" du modèle De Wever et des autres proposés notamment par le CD&V et le sp.a, donnant ainsi du crédit à une idée qui fait son chemin : désigner des sommités académiques, voire des hauts responsables du Bureau du Plan ou de la Banque Nationale, comme le suggère le sénateur CD&V Rik Torfs pour procéder à une évaluation "technique et profonde" des impacts des mesures proposées.

Le ministre a enfin réclamé la fin de "petits jeux" et la reprise de véritables négociations, éventuellement avec les libéraux. Il répétait pourtant presqu'au même moment sur les antennes de la RTBF qu' "il serait naïf de croire qu'il suffit de changer de partenaire pour débloquer la situation".

Le ministre socialiste - en mission commandée ? - lance donc des messages d'ouverture à plusieurs niveaux. D'abord, il souligne vis-à-vis de l'opinion flamande, sur les antennes de la VRT, que la discussion n'est pas close et qu'il est donc possible de se rasseoir à une table de négociations. En second lieu, il indique qu'un nouveau plan de table est envisageable, ce qui répond à l'une des préoccupations principales de Bart De Wever.

Dédramatisation ou courbe rentrante ?

Dédramatisant déjà sur les ondes de la Première ("ce blocage n'est qu'une péripétie de plus") et poursuivant sur le même ton à la VRT, Paul Magnette s'emploierait-il à atténuer la fermeté de ton de son président de parti ? Celui-ci avait en effet, lundi, usé de mots très durs ("la N-VA nie les francophones", disait notamment Elio Di Rupo, pour qui les propositions de Bart De Wever allaient avoir des "conséquences désastreuses" ) pour stigmatiser tant la forme que le contenu de la note du clarificateur.

Ce n'est pas encore un grand écart, mais n'est-ce pas déjà un repositionnement ?

 

T.N. avec Belga

 

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