Theo Francken: "C'est nécessaire de pouvoir enfermer les familles quelques jours avant leur rapatriement"

Note de Theo Francken: les mineurs bientôt de retour en centres fermés?
Note de Theo Francken: les mineurs bientôt de retour en centres fermés? - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Theo Francken, secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration passera ce mercredi matin devant la commission de l'Intérieur de la Chambre pour présenter sa note de politique générale. 

Un texte qui revient sur la crise européenne de l'asile en 2015 pour ensuite tracer les futurs axes: les droits et les libertés, l'accès et le séjour, l'asile, l'accueil et le retour. Dans ce dernier chapitre, il annonce l'implantation de logements fermés pour les familles à proximité du centre 127 bis. A Zaventem donc. Or la Belgique a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l'Homme pour l'enfermement d'enfants dans ces centres. En 2008, la Belgique avait mis une fin à cette mesure.

On voit que presque toutes les familles fuient avant leur rapatriement

Mais s'il faut en croire la note Francken, que le secrétaire d'Etat a postée sur Twitter, les mineurs pourraient retrouver ces centres fermés, dernière étape avant le retour forcé. Ce matin, Theo francken se justifiait, faisant fi des arguments avancés par la Cour européenne. "Les maisons semi-ouvertes ne fonctionnent absolument pas, affirme le secrétaire d'Etat. On voit que presque toutes les familles fuient avant leur rapatriement. C'est donc nécessaire d'avoir la possibilité d'enfermer les familles pendant une très très courte période, quelques jours avant le rapatriement". Quant à une éventuelle nouvelle sanction européenne, Théo Francken n'est pas inquiet: "presque tous les pays européens ont un régime comme celui-là, la Belgique est une exception. Nous avons eu une condamnation européenne en 2008 parce que c'était dans une aile spéciale dans le 127bis à Steenokerzeel et la Cour européenne a dit que cela allait à l'encontre du respect de la vie privée et de la vie familiale. Ce que l'on fait maintenant, c'est tout à fait différent. Ça reste dans un cadre fermé mais ce sont des maisons à part, avec un respect total pour la vie privée et la vie familiale".

85 millions d'euros pour les rapatriements

Theo Francken veut également renforcer le lien entre droit de séjour et intégration des demandeurs d'asile reconnus. Ils devront eux-mêmes fournir la preuve de leur intégration, faute de quoi leur droit de séjour pourrait être retiré. Pour ceux qui se tournent vers la demande de régularisation, le prix de la redevance pour accéder à la procédure sera augmenté, il passera de 215 euros à 350 euros. Theo Francken veut également faciliter les arrestations domiciliaires pour les personnes en situation illégale, mais la grande priorité, ce sont bien les rapatriements. Des moyens supplémentaires seront dégagés: 85 millions d'euros en 2017. "Une moitié ne reçoit pas le statut de réfugié et doit retourner dans les pays d'origine, explique Theo Francken. Ce n'est pas facile mais cela doit se passer aussi car sinon, il n'y a pas de politique migratoire". Le secrétaire d'Etat a également renforcé les "procédures Dublin" qui prévoient le retour dans les pays par lesquels les réfugiés sont arrivés.

Le CD&V et le PS ont déjà réagi à la note de Théo Francken. Pointant une liste de "problèmes fondamentaux", a députée Nahima Lanjri a déclaré en Commission de l'Intérieur de la Chambre que l'accord de gouvernement n'était pas "un chiffon de papier". Rudy Demotte s'est dit quant à lui "atterré" par le projet d'envoyer des enfants en centre fermé.

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