Note Coquelicot: Alda Greoli (cdH) dénonce une instrumentalisation de la société civile

Pourquoi Alda Greoli (cdH) rejette-t-elle la proposition Coquelicot du PS et d’Ecolo, alors qu’elle a toujours milité dans les rangs politiques pour ouvrir les débats aux acteurs de la société civile ? Elle a en outre incarné, en tant que ministre, le grand écart du cdH, gouvernant à la Fédération Wallonie-Bruxelles avec le PS, et à la Région wallonne avec le MR.

La note Coquelicot ne convient clairement pas à Alda Greoli. Elle décèle une certaine hypocrisie, non pas tant au niveau du fond, mais de la forme : "La démarche de consultation de la société civile est naturelle au cdH. Le Pacte pour un enseignement d’excellence, c’est le résultat de deux ans de travail avec les acteurs de l’enseignement. Bouger les lignes en culture, ce sont deux ans de travail avec les acteurs de la culture. Ici, en quarante-huit heures, on a fait miroiter à la société civile qu’elle allait être associée. Et surtout, on l’a instrumentalisée", dénonce-t-elle.


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Pour la vice-présidente des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il est impératif de faire la distinction entre la vie politique et le reste : "Je viens de la société civile, je suis passée du côté du politique. C’est un pas que j’assume pleinement. Quand on est du côté politique, on n’est plus de la société civile en tant que tel. Par contre, le respect pour la société civile et de son apport à la démocratie, on ne tergiverse pas avec ça", revendique-t-elle.

Alda Greoli répète ici des propos qu’elle avait déjà tenus en juin dernier. Si elle parle de "vacuité" de la note Coquelicot, c’est à propos "des enjeux et de la réalisation des enjeux, précise-t-elle. La note est pleine de bonnes intentions. Pas une ligne sur le budget, pas une ligne sur la manière dont on les réalise, pas une ligne sur le fait de savoir et d’assumer s’il va y avoir ou non une participation financière supplémentaire. Pas une note là-dessus. Quand vous prenez vos responsabilités face à la société civile, vous avez aussi le courage de leur dire que pour mettre en œuvre cela, on va devoir faire participer la population d’un point de vue financier".

Nous n’avons pas gagné les élections. C’est très clair.

Pourquoi ne pas avoir alors embrayé le pas et continué le chemin ? Au final, la note Coquelicot ne change pas les règles du jeu, concède l’humaniste. "Nous n’avons pas gagné les élections. C’est très clair. La population a fait de nous le cinquième parti au niveau de la Wallonie. À partir de ce constat, nous avons estimé que le respect de l’électeur était de se retrouver dans l’opposition. Par contre, il y a une urgence pour un pacte Climat dans ce pays. Pas à l’échelle de la Wallonie, pas à l’échelle de la Communauté Française, à l’échelle du pays."

Ce n’est donc pas parce que le cdH se retrouverait dans l’opposition qu’il s’empêcherait d’appuyer certains textes. "Si demain il y a des dossiers sur un pacte climatique à tous les niveaux de pouvoir, nous participerons de manière positive aux travaux qui permettront ce pacte climatique, confirme-t-elle. Pas besoin de participer à une majorité ou d’installer un gouvernement minoritaire pour la cause."

 

Le silence d’Ecolo

La Liégeoise s’est également exprimée sur un dossier qui l’interpelle particulièrement, celui du nouveau mandat chez Luminus de Muriel Targnion (PS), actuelle bourgmestre de Verviers et à la présidence d’Enodia (ex-Publifin). Si la principale intéressée estime ne pas voir de problème, la situation crée un malaise au sein de son propre parti. "Je m’étonne du silence d’Ecolo, continue Alda Greoli. Ce matin, Mme Targnion va recevoir 30.000 euros pour un mandat pour lequel elle n’est pas qualifiée. Et personne ne s’émeut de la chose chez Ecolo. On se demande si l’éthique d’Ecolo est une éthique d’opposition ou de pouvoir", appelle-t-elle.

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