Non-marchand: le front commun syndical déçu après sa rencontre avec Charles Michel

Non Marchand: le front commun syndical déçu après sa rencontre avec Charles Michel
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Non Marchand: le front commun syndical déçu après sa rencontre avec Charles Michel - © Arthur Lejeune/RTBF

2500 personnes selon les syndicats, 1200 selon la police, issues du secteur Non Marchand se sont réunies pour manifester ce jeudi dans les rues de Bruxelles. Au même moment, leurs représentants ont été reçus par le Premier Ministre Charles Michel, la Ministre de la santé Maggie De Block Ministre de la santé et le Ministre de l’emploi Kris Peeters.

Lors de cette rencontre, ils ont rappelé au fédéral l’importance du secteur Non Marchand et la nécessité de redonner une attractivité à ces professions occupées par 200 000 travailleurs. Les représentants du personnel ont également insisté sur l’exigence d’un accord pluriannuel avec une sécurité budgétaire réelle qui permette un équilibre entre les différentes revendications. 

  • Amélioration barémique via la nouvelle classification de fonctions (IFIC)
  • Amélioration des conditions de travail (remplacement immédiat…), réduction de la charge de travail
  • Meilleure conciliation vie familiale et vie professionnelle (trois semaines de congés consécutifs…), stabilité des horaires
  • Fin de carrière tenable

Les syndicats réclament depuis plusieurs mois de meilleures conditions de travail pour les secteurs non marchands (privé et public: hôpitaux, maisons de repos, institutions d'hébergement de personnes handicapées, aides et soins à domicile, entreprises de travail adapté, etc). Environ 525 000 travailleurs sont occupés dans ces domaines en Belgique, selon une estimation de la CNE. Ces secteurs sont répartis entre les différents niveaux de pouvoirs, ce qui explique que les négociations doivent être menées sur plusieurs fronts.

Syndicats, employeurs et gouvernements sont à la table des négociations depuis la fin de l'année passée, mais, après six manifestations, aucun accord n'a été conclu.

Le dernier accord date de 2011

Au fédéral, le dernier accord social a été conclu en 2011. En Wallonie, l'exécutif a décidé le 12 mai dernier de dégager 10 millions d'euros en 2018, 20 millions en 2019 et 30 millions en 2020 qui deviendront récurrents les années suivantes en faveur des travailleurs du secteur. L'affectation de ces montants doit faire l'objet d'une concertation. Une réunion officielle aura lieu le 7 juin prochain, indique-t-on de source syndicale. Leur revendication phare en Wallonie porte sur la réduction du temps de travail couplée à des embauches compensatoires sans perte de salaire.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le gouvernement a décidé le 11 mai dernier d'amorcer un rattrapage barémique dans le secteur, en mobilisant un montant de 5 millions d'euros en 2017 et 10 millions en 2018. Les syndicats jugent que ces montants, certes conséquents, ne permettront pas d'assurer ce rattrapage. Le cabinet du ministre-président Rudy Demotte (PS) a fait une note au gouvernement francophone afin d'obtenir un mandat de négociations.

En Flandre, le dernier accord a expiré en 2015. L'exécutif flamand a donné son accord pour une augmentation des salaires à partir de 2020, mais cette concession arrive trop tard et est trop maigre, estime le front syndical qui craint ainsi que le gouvernement Bourgeois transmette la patate chaude à la prochaine législature.

Positions différentes

Le Premier Ministre refuse cependant qu’un préaccord soit déposé au gouvernement pour nourrir les discussions budgétaires 2018-2019. Charles Michel souhaite, dans un premier temps, simplement recevoir des fiches techniques parmi lesquelles le gouvernement pourrait faire ses choix. Quant à l’argent du Tax Shift (40 millions d’euros), octroyé comme cadeau aux employeurs , l secteur demande qu'il soit pris en compte dans l’accord Non Marchand.

C'est pratiquement ridicule, voire même de la provocation

Pour Christian Masai, secrétaire général du SETCA, les choses sont claires: "On nous a promis peu de choses, et l'on sort particulièrement déçus de cet entretien. Les travailleurs du Non Marchand constatent aujourd'hui qu'il n'y a quasiment rien sur la table si ce n'est les 15 millions, déjà précédemment annoncés et à partager entre le secteur public et le secteur privé. Si l'on ramène cela aux 150 000 travailleurs cela va représenter, en net, 3-4 euros par mois, c'est pratiquement ridicule, voire même de la provocation par rapport aux attentes. Et on nous renvoie à l'exercice budgétaire 2017-2018 où il serait possible d'obtenir des moyens pour un véritable accord pluriannuel. De promesses en promesses, de silences en silences, nous ne somme spas contents de cette rencontre".

Afin de finaliser un préaccord tenant compte de ces éléments au plus vite, le front commun syndical à d'ores et déjà annoncé qu'il compte intensifier les négociations d’ici la mi-juillet. Si le gouvernement ne devait pas suivre ce planning, le secteur a prévenu qu'il était également prêt à se remobiliser dès septembre.

"Nous avons mis ensemble nos priorités"

"On a fait beaucoup de progrès", a estimé quant à elle la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block à l'issue de cette réunion. Les partenaires ont convenu de se revoir dès 14h00, puis chaque jeudi à cette même heure afin d'aboutir à un préaccord pour le secteur au niveau fédéral d'ici l'été.

Maggie De Block a confirmé le souhait du gouvernement fédéral d'accélérer les négociations, à l'issue d'une réunion qui s'est tenue en présence du Premier ministre Charles Michel et du ministre de l'Emploi Kris Peeters. "Nous avons mis ensemble nos priorités, compilées dans cinq paquets de mesures, qui traitent notamment de la 'Worklife Balance' (temps de travail sur la durée de la carrière) et de la classification des fonctions." Sur ce dernier point, le gouvernement a confirmé que l'enveloppe de 50 millions d'euros octroyée dans le cadre du budget 2016 à l'Institut de classification de fonction (IFIC) restait acquise.

Par ailleurs, le fédéral a rappelé aux syndicats que le tax shift avait permis de dégager d'importants budgets pour le secteur, dont une partie significative est affectée à la création d'emplois par le biais du Maribel social.

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