Revendications du non-marchand: de nouvelles actions sont probables avant 2017

Les syndicats ne croient plus dans les promesses d'une évaluation budgétaire en 2017.
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Les syndicats ne croient plus dans les promesses d'une évaluation budgétaire en 2017. - © THOMAS THIELEMANS - BELGA

20 000 personnes, selon les syndicats, ont participé à la manifestation du non-marchand. Partis en direction de la place de l'Albertine, ils sont passés  devant le siège du gouvernement flamand, le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block et le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En matinée, les délégations de travailleurs ont été reçues par le gouvernement fédéral puis par la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais dans les deux cas, il leur a été répondu qu'aucun budget n'était possible. Le gouvernement wallon n'a, pour sa part, pas reçu les organisations syndicales, une attitude jugée méprisante par les représentants des travailleurs. Faute d'avoir obtenu des garanties sur l'évolution du dossier, les syndicats pourraient remettre le couvert avant la fin de l'année.

Au cours de cette longue journée, les représentants du non-marchand ont rencontré Maggie De Block (Santé), Kris Peeters (Emploi et Economie) et le Premier ministre Charles Michel. "Nous avons répété de façon très claire qu'il n'y avait toujours pas de calendrier de négociations, ce qui est inacceptable. Il y a urgence", a indiqué à l'agence Belga Yves Hellendorff, secrétaire national CNE, à l'issue de la rencontre. De plus, "nous constatons que Maggie De Block prend des mesures négatives pour le personnel, ce que nous voyons comme une déclaration de guerre et qui pourrait mener à des grèves." "Le gouvernement nous a promis que des négociations seraient entamées rapidement et a mandaté Maggie De Block et Kris Peeters pour mettre en place un calendrier de discussions", poursuit-il.

"Aucun budget n'est prévu, ce n'est pas sérieux!"

"Les membres du gouvernement ont proposé l'établissement d'un calendrier de discussions, mais aucun budget n'est prévu, ce n'est pas sérieux!", réagit de son côté Christian Masai, secrétaire fédéral du Setca non-marchand. Sur la fin de carrière, Maggie De Block dit "on peut en discuter, mais là non plus, pas de budget". Christian Masai en conclut qu'il faudra sans doute organiser d'autres manifestations.

"Pas un euro pour un accord social" en Fédération Wallonie-Bruxelles

Après avoir été reçues par le gouvernement fédéral, des délégations de travailleurs ont rencontré à 11h00 le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et là encore, les nouvelles sont mauvaises pour le secteur du non-marchand. "Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est dans la même logique que le fédéral. Il promet l'établissement d'un calendrier de discussions, mais aucun budget n'est prévu", a indiqué Christian Masai.

"La seule bonne nouvelle, est que l'ensemble des membres du gouvernement étaient présents, à l'exception du ministre-président Rudy Demotte en voyage en Tunisie", a indiqué pour sa part Patricia Piette, secrétaire nationale permanente CNE, devant les manifestants.

"Ils disent trouver nos revendications légitimes, mais pas davantage qu'il y a six mois. Ils nous ont ressorti mot pour mot le même discours qu'à l'époque. Ils promettent une évaluation budgétaire pour le premier trimestre de l'année 2017. Ils avaient déjà dit la même chose pour 2016. Conclusion: ils ne proposent rien pour améliorer nos conditions de travail. C'est inadmissible."

Pour Christian Masai, "le gouvernement francophone s'est engagé à établir un calendrier serré de discussions. Mais il n'y a pas un euro pour conclure un accord social. Ils affirment vouloir venir au premier trimestre 2017 avec une évaluation précise des besoins du secteur. Très bien. Mais on peut déjà avancer dès à présent et aboutir progressivement à l'harmonisation salariale."

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les 25 000 travailleur du non-marchand sont principalement occupés dans les secteurs de l'aide à la jeunesse (8000), le socio-culturel (8000) et l'accueil de l'enfance et de la petit enfance (7600).

 

Le gouvernement wallon n'a pas reçu les organisations syndicales

Bien que compétente pour certains secteurs du non-marchand (aide aux familles, aides aux personnes handicapées, insertion socioprofessionnelle, espaces rencontre...), la Wallonie est restée, ce matin, aux abonnés absents. "La Région wallonne n'a même pas daigné nous recevoir aujourd'hui. C'est tout simplement méprisant face à 20 000 travailleuses et travailleurs qui se mettent en grève et se déplacent jusqu'à Bruxelles ", a réagi Patricia Piette. " Une rencontre est prévue le 9 décembre prochain. Nous rappellerons alors que le non-marchand représente non seulement 15% de l'emploi en Belgique, mais aussi un secteur qui assure des services essentiels à l'ensemble de la population. Ces travailleuses et travailleurs méritent des conditions de travail et de salaires correctes. "

Avant cela, une ultime éunion était encore prévue ce jeudi à 16H avec le gouvernement flamand. Chaque gouvernement a reçu un cahier de revendications spécifique.

Au terme de cette journée, Les entrevues avec le politique n'ont guère convaincu les syndicats."Le secteur du non-marchand promet encore de nouvelles actions avant Noël ou Nouvel An si la ministre de la Santé Maggie De Block reste sur ses positions concernant la fin de carrière", a menacé dans un discours de conclusion, Mark Selleslach, du syndicat chrétien LBC-NVK.

Le non-marchand emploie de 400 000 à 525 000 travailleurs. et couvre les secteurs de la santé, de l'aide à la jeunesse et du socio-culturel.

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