Non, en Flandre, il n'y a pas que Bart De Wever

« Bart De Wever superstar », cela aurait pu être un titre de presse en 2009 quand le président de la N-VA réalisait le 2e meilleur score de Flandre aux élections régionales. Dix ans plus tard, Bart De Wever est toujours l’homme politique le plus populaire de Flandre selon le dernier baromètre politique.

Pour autant, le bourgmestre d’Anvers n’est pas la seule star politique en Flandre. De nombreux autres politiciens, quasiment inconnus de notre côté de la frontière, devraient jouer les premiers rôles jusqu’aux élections. Certains pourraient même devenir ministre-président flamand voire… Premier ministre.

Theo Francken (N-VA), 2e

Faut-il encore le présenter ? Certains voient en Theo Francken le successeur désigné de Bart De Wever à la présidence de la N-VA. Son action au gouvernement lui a attiré énormément de sympathie ces dernières années. En 2014, à son arrivée au gouvernement, jusqu’en 2016, il n’apparaissait même pas dans les sondages des politiciens préférés des Flamands. Aujourd’hui, il est deuxième et avait même dépassé son « maître » en mars et décembre 2018. Et particularité de Theo Francken, il est également très populaire à Bruxelles (14e) et surtout en Wallonie (11e), alors que Bart De Wever n’apparaît même pas dans le Top 30.

Hilde Crevits (CD&V), 3e

Quasi-inconnue en Belgique francophone, Hilde Crevits est une star politique au nord du pays. Ministre flamande de l’Enseignement depuis 2014, elle est officiellement candidate à devenir ministre-présidente flamande après les prochaines élections. Officiellement, elle est actuellement la seule candidate à ce poste en Flandre… en plus de Bart De Wever.

Autre point commun avec le N°1 flamand, elle affiche depuis 2014 une étonnante régularité dans les opinions favorables des Flamands entre 35% et 48% d’opinions favorables. Elle est aujourd’hui 3e derrière De Wever et Francken, et juste devant un autre N-VA, qu’on ne présente plus : l’ancien ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (4e).

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Hilde Crevits superstar du CD&V. © YORICK JANSENS - BELGA

Alexander De Croo (Open VLD), 5e

5e politicien le plus populaire en Flandre, il est aussi le politicien flamand le plus populaire à Bruxelles (7e) et en Wallonie (12e). Les Francophones semblent avoir pardonné (oublié ?) que c’est Alexander De Croo qui a fait tomber le gouvernement d’Yves Leterme en avril 2010 pour des raisons communautaires. A la suite de cette décision, la Belgique connaissait sa plus longue crise politique (541 jours). Mais dix ans plus tard, Alexander De Croo est même plus populaire que sa présidente de parti qui n’est que 13e dans le classement des politiciens les plus populaires. Côté francophone, Alexander De Croo profite sa parfaite expression en français et sa forte présence dans les médias francophones pour toucher un public wallon et bruxellois.

 

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Alexander De Croo et Gwendolyn Rutten, les "Monsieur et Madame Open VLD" © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

Bart Tommelein (Open VLD), 6e

C’est l’autre quasi-inconnu des Francophones dans les top 10 des politiciens flamands les plus populaires. Bart Tommelein est pourtant de plus en plus apprécié côté flamand. C’est peut-être dû au fait qu’en cinq ans, il est passé d’un poste de secrétaire d'Etat assez discret dans le gouvernement Michel à ministre du Budget, des Finances et de l’Energie en Flandre, et enfin, depuis le 1er janvier, bourgmestre d’Ostende, l’une des plus grandes villes de Flandre. Notons que Bart Tommelein est, lui aussi, plus populaire que sa présidente de parti, Gwendolyn Rutten.

Question popularité, on retrouve Charles Michel à la 7e place du classement suivi de Kris Peeters (8e) et Maggie De Block (10e), deux anciennes superstars politiques. Kris Peeters, ancien ministre-président flamand entre 2007 et 2014 était encore le politicien flamand le plus populaire en 2014, tout comme Maggie De Block. L’actuelle ministre de la Santé crevait l’écran lorsqu’elle était en charge de l’Asile et la Migration dans le gouvernement Di Rupo. Un poste très en vue qui profite depuis à Theo Francken comme on l’a vu précédemment. Le plus discret ministre de la Justice, Koen Geens, est lui 9e.

La classe biberon des « superstars »

Le top 10 flamand est composé exclusivement de politiciens N-VA, CD&V et Open VLD, mais surtout d’aucun trentenaire. Les moins de 40 ans sont relayés entre la 11e et 30e place alors que certains profils pourraient clairement jouer un rôle majeur dans les prochaines années… voire prochaines semaines.

Zuhal Demir (N-VA), 15e

A 39 ans, cette politicienne limbourgeoise est sur la scène politique belge depuis quelques années déjà. Députée depuis 2010, elle a même été secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté et à l’Egalité des chances dans le gouvernement Michel entre 2017 et 2018. Sa page wikipedia recense davantage de prises de positions, voire de controverses que de trophées politiques. On retient notamment son shooting sexy dans le Parlement en 2015, ses attaques virulentes envers la Turquie (elle est d’origine Kurde) ou ses multiples attaques envers le PS, le CD&V, le Centre pour l’égalité des chances (dont elle était pourtant en charge) ou plus généralement les étrangers.

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Zuhal Demir (à gauche), à côté de Theo Francken et Liesbeth Homans, ministre flamande des Affaires intérieures. © DIRK WAEM - BELGA

Meryame Kitir (sp.a), 22e

Inconnue côté francophone, Meryame Kitir représente pourtant l’avenir du parti socialiste flamand en pleine déconfiture. Son parcours est très différent du reste de la classe politique flamande. Septième fille d’une famille de onze enfants d’origine marocaine, elle est privée d’études supérieures lorsqu’elle devient orpheline à 18 ans. Elle est alors engagée comme ouvrière chez Ford Genk en 1999. Son engagement syndical dans l’entreprise devient politique en 2007 lorsqu’elle est élue au Parlement fédéral. Lors de la fermeture de Ford Genk en 2012, alors qu’elle est encore employée dans l’entreprise, elle prononce un discours au Parlement avec les larmes aux yeux pour défendre ses 10.000 collègues. Fait rare en politique, les politiciens de tous les partis avaient alors applaudi le discours de la députée socialiste. A 39 ans, c’est elle qui rythme la campagne du sp.a pour les prochaines élections.

 

Kristof Calvo (Groen), 24e

Il pourrait être tout simplement le prochain Premier ministre de notre pays. A 32 ans, Kristof Calvo est véritablement l’homme fort de Groen. Hyperactif à la Chambre, bilingue, à la différence de sa coprésidente Meyrem Almaci, Kristof Calvo est chef de groupe Ecolo-Groen au Parlement depuis 2014. Son franc-parler, aussi bien en néerlandais qu’en français, le rend de plus en plus attirant pour les médias du nord comme du sud du pays. Ses attaques contre Bart De Wever et la popularité grandissante de son parti font de lui l’un des plus grands opposants à la N-VA de Bart De Wever. Selon les sondages, Ecolo-Groen devrait devenir la première famille politique en Belgique, ce qui pourrait amener Kristof Calvo au poste de Premier ministre. Un scénario redouté par Bart De Wever lui-même.

 

Tom Van Grieken (Vlaams Belang), 29e

A 32 ans comme Kristof Calvo, Tom Van Grieken est pourtant à l’exact opposé de son collègue écologiste sur l’échiquier politique. Relatif inconnu côté francophone, principalement en raison du cordon sanitaire qui écarte de la scène médiatique les politiciens extrémistes, Van Grieken est pourtant le président du Vlaams Belang depuis 2014. Pour les élections de mai prochain, il se présente en province d’Anvers pour la Chambre face à différents poids lourds de la politique flamande dont Jan Jambon et… Kristof Calvo.

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