Nombre record de plaintes pour violences policières enregistré en 2012

Les zones de police locale les plus concernées sont Bruxelles-Capitale-Ixelles, Anvers et Gand.
Les zones de police locale les plus concernées sont Bruxelles-Capitale-Ixelles, Anvers et Gand. - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Le Comité P, chargé de superviser la police dans notre pays, a enregistré en 2012 un nombre record de plaintes pour agression ou coups et blessures par des agents de police, ressort-il de son rapport annuel dont De Tijd évoque le contenu vendredi dans ses colonnes. Le nombre de dossiers de plaintes relatives à de la violence policière est ainsi passé de 468 en 2010 à 576 en 2012, soit plus d'un cinquième de l'ensemble des plaintes reçues par le Comité P en 2012 (2680).

Il ressort également de ce rapport annuel que ce nombre total de plaintes est resté presque aussi élevé qu'en 2011, qui était une année record avec 2686 plaintes enregistrées.

Constatations erronées et inégalité de traitement

Les plaintes pour agression éclipsent toutes les autres plaintes qu'a reçues le Comité P. 317 plaintes concernaient des "constatations erronées", 287 étaient relatives à des faits qui n'ont pas été actés, il s'agissait d'"inégalité de traitement" dans 233 des cas, et 208 plaintes faisaient état d'hostilité à la clientèle de la part de la police. Les zones de police locale les plus concernées sont Bruxelles-Capitale-Ixelles (226), Anvers (157) et Gand (88).

Le Comité P a également analysé les jugements et les arrêts de dossiers de violence policière entre 2009 et 2012. Ainsi, 168 agents, qu'ils émanent des polices locale ou fédérale, ont été poursuivis devant un tribunal correctionnel et 27% d'entre eux ont finalement été reconnus coupables. Un policier a en outre été condamné à une peine de prison effective.

Le Comité se dit particulièrement irrité que les mesures prises en interne contre les agents concernés par de tels faits lui restent secrètes. Il n'a ainsi reçu presqu'aucune information disciplinaire sur des dossiers impliquant des membres de la police poursuivis pour violence policière. "Nous ne recevons aucune information, même quand les faits criminels sont avérés", lit-on dans le rapport annuel.

Réactions du SFLP

Ces chiffres doivent être replacés "dans le contexte correct", réagit le même jour le syndicat policier SLFP.

Le syndicat n'accepte pas et condamne "la violence injustifiée de certains collègues", mais tient à rappeler "qu'on parle de presque 10 millions d'interventions policières de toutes natures par an".

Le syndicat souligne également que si les cas de violence policière sont en augmentation, il en est de même concernant les actes de violence dont les policiers sont eux-mêmes victimes. Il s'agit dans le premier cas de "576 faits en 2012, contre 7460 faits la même année dans l'autre", nuance le SLFP.

De plus, "le Comité P constate que 168 policiers ont été poursuivis pénalement entre 2009 et 2012 parmi lesquels 27% ont été condamnés", ce qui veut dire qu'il s'agit de "0,1% des policiers".

Les chiffres parus vendredi placent "tous les policiers dans un éclairage défavorable", regrette-t-il. Le syndicat policier reste enfin convaincu que "la réduction de la violence par les policiers" va de pair avec "le combat contre la violence" envers les policiers.

Belga

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