Nom de l'enfant: Gérard Deprez parle de "cafouillage parlementaire"

Nom de l'enfant: "Le dossier n'est pas vraiment mûr" selon Gérard Deprez
Nom de l'enfant: "Le dossier n'est pas vraiment mûr" selon Gérard Deprez - © RTBF

"Je pense que l'erreur c'est de vouloir absolument régler ce problème-là maintenant avec des positions qui changent tous les jours", a déclaré, le sénateur MR invité de Matin Première ce jeudi. Gérard Deprez réagit ainsi à la controverse qui accompagne le projet de loi sur le libre choix du nom par les parents pour leurs enfants. Pour lui, "le dossier n'est pas vraiment mûr".

A la question de savoir s'il faut offrir aux futurs parents le choix du nom pour leurs enfants, Gérard Deprez explique qu'aujourd'hui, et depuis longtemps, "le père et la mère n'ont pas le choix". "On a vécu comment cela pendant des siècles et cela ne semblait poser de problème à personne". Or, avec ce projet de loi, quatre possibilités vont s'offrir aux parents : le nom du père, le nom de la mère, le nom du père et de la mère ou le nom de la mère et du père. Bref, "au bout de quelques générations, cela va faire un solide fouillis généalogique". Ce qui va poser problème "pour tous les actes juridiques".

Par ailleurs, s'il n'y a pas d'accord, "c'est le nom du père qui s'impose et donc, il suffit que le père dise 'Je ne suis pas d'accord', pour que ce soit son nom qui s'impose. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu'avant personne n'avait le choix. Maintenant, il y a théoriquement un choix, mais le père à un droit de veto".

"Où est le progrès si on donne un droit de veto au père ?", s'interroge le sénateur MR. "Vouloir régler ce problème à ce rythme, dans cette espèce de cafouillage parlementaire, objectivement, cela ne se justifie pas", ajoute-t-il.

"Je ne suis pas très en faveur"

Autrement dit, Gérard Deprez se dit "extrêmement partagé" sur la question. "Je vois bien qu'il y a des gens qui me demandent de donner cette possibilité à la mère et je vois d'autres qui disent : 'Mais où est le progrès en donnant le droit de veto au père et en organisant un fouillis généalogique'. Un jour je suis pour, le lendemain, je suis contre, mais globalement, pour l'instant, je ne suis pas très en faveur".

"Pourquoi ne fait-on pas comme en Espagne où le nom du père est suivi du nom de la mère ?", s'interroge-t-il.

"Je pense que l'erreur c'est de vouloir absolument régler ce problème-là maintenant avec des positions qui changent tous les jours. La Commission de la Chambre avait voté dans un sens, la séance plénière de la Chambre vote dans un autre, hier on est à 9 voix contre 8, et personne ne sait qu'elle va être le vote final au Sénat. Donc cela montre bien que le dossier en tant que tel n'est pas vraiment mûr. Il n'y a pas de paix pour l'aborder dans la sérénité", conclut-il.

"La grève sauvage, ce n’est pas dans les procédures"

Outre ce débat sur le nom de famille, il y a également été question de la proposition du MR et du FDF sur la continuité du service publique.

Selon Gérard Deprez, il ne s'agit pas d'interdire les grèves sauvages, d'ailleurs "les syndicats ne sont même pas capables de les interdire alors que c'est leurs membres qui les pratiquent dans un certain nombre de cas", dit-il.

"Je trouve que la grève sauvage, ce n’est pas dans les procédures, c'est une technique qu'on prend sans préavis", précise-t-il en parlant de prise "en otage".

"Cela contribue à donner une mauvaise image" des transports publics, ajoute-t-il. "Il faut dissuader cela et c'est l'esprit de la proposition" qui prévoit "une pénalisation de ceux qui en sont les auteurs".

Révision de la Constitution et l'article 195

Enfin, question plus politique encore : faut-il que l'article 195, qui organise la constitution (clé de voûte de l'Etat), fasse partie des articles soumis à révision ?

Ce n'est en tout cas pas la priorité du MR : "Soyons clairs, pour le MR on vient de finaliser la sixième réforme de l'Etat, il est question de la mettre en œuvre. On aura besoin de la prochaine législature pour la mettre en œuvre et d'ailleurs certains disent que certains gouvernements n'ont pas fait beaucoup d'efforts pour créer les conditions dans laquelle elle pourrait être mise en œuvre dans de bonnes conditions. Je n'en dis pas plus".

"La priorité des priorités", dit-il, "est de recréer de la croissance pour créer des emplois" et "de manière équilibrée", "de continuer à équilibrer les finances publiques".

Gérard Deprez va même jusqu'à proposer un tour de passe passe pour éviter que l'institutionnel ne s'impose à nouveau dans le débat politique et "ne vienne chambouler toutes les priorités de l'action que le futur gouvernement va devoir mener". "C'est un avis personnel", précise-t-il.

"Tous les partis de l'actuelle majorité ont voté une déclaration de révision il y a 4 ans. Un certain nombre de ces articles ont été utilisés, dont le 195 et d'autres, pour mettre en œuvre la révision de l'Etat qui avait été convenue entre tous les partenaires. Je pense qu'il serait sage, puisque tous les partenaires ont déjà voté une déclaration de révision, de dire de faire deux paquets avec tous les articles qui étaient soumis à révision". En d'autres termes, ceux qui ont déjà été utilisés ne pourraient plus l'être "pour ne pas ouvrir la porte à n'importe quel type de coup de force dans le courant de la législature".

C. Biourge

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