Neutralité au sein de la Stib : DéFI entend rester "uni et solidaire en temps de calme comme de tempête"

Quelques heures après l’annonce d’un de ses mandataires, le député Christophe Magdalijns, qu’il ne soutenait pas l’accord conclu par le gouvernement bruxellois dans le dossier de la neutralité à la Stib, DéFI a lancé publiquement vendredi soir un appel au calme dans ce dossier.

"A l’heure où les autres partis se déchirent de plus en plus sur le sujet, il est essentiel que nous restions unis et solidaires. En temps de calme comme en temps de tempête", a insisté la formation amarante, en conclusion d’un communiqué destiné a (ré) expliquer son point de vue dans ce dossier.

Selon la formation dirigée par François De Smet, DéFI a conclu un accord "qui définit la neutralité exclusive comme règle de base, oblige à la concertation avant toute décision future et invite au débat parlementaire et citoyen".

Absence de consensus

Celle-ci considère "scandaleux que le management de la Stib soit privé de son droit de faire appel", mais qu’après trois semaines de négociations sans relâche, le constat politique est simple : il n’existe pas de consensus possible sur cette question au sein du gouvernement bruxellois.

Il a donc fallu choisir entre accepter un compromis offrant des garanties solides sur la neutralité exclusive, et quitter le gouvernement.

"Avec ou sans DéFI, le gouvernement bruxellois n’aurait pas interjeté appel. DéFI a pris en compte les arguments de ses membres et des citoyens qui nous ont demandé de ne pas ajouter une crise politique à la crise sanitaire que nous traversons", a ajouté le parti francophone.


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A ses propres yeux, DéFI "a le courage et l’humilité de prendre ses responsabilités, d’assumer son rôle de dirigeant politique et de continuer à œuvrer pour protéger la neutralité exclusive des services publics, comme nous le faisons pour le moment. Car le problème de fond reste l’immixtion du religieux dans la sphère publique, et singulièrement les services publics".

Les amarantes affirment que l’accord conclu vise à se doter des moyens de mener cette bataille démocratique dans les trois années à venir.

"A la Stib, nous réaffirmons et consacrons le principe d’interdiction des signes convictionnels et la neutralité exclusive comme règle générale. Oui, il y aura des dérogations possibles, mais c’est à la direction de la Stib de faire des propositions pour définir et lister ces fonctions dérogatoires. Nous disposons d’un verrou : le règlement de travail ne pourra être modifié qu’à l’unanimité du comité de gestion, DéFI inclus", ont-ils insisté.

DéFI souligne aussi qu’il y aura un cadre légal de lutte contre le prosélytisme dans les services publics et entreprises publiques ; il s’agit d’affirmer que, au-delà du principe de neutralité, le lieu de travail ne peut être un endroit où s’exercent des pressions de nature prosélyte et ne peut être un cadre où l’on peut imaginer des salles de prières ou des espaces collectifs séparés entre hommes et femmes.

Concernant le futur débat parlementaire citoyen et participatif sur la neutralité, DéFI affirme que ses représentants pourront librement développer leur vision et s’opposer "à chaque fois que l’on voudra nous imposer une vision de la neutralité qui ne nous convient pas".


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Enfin, les initiatives communales pour changer le règlement de travail devront s’inscrire dans la lignée du travail parlementaire.

"Ce sera une bataille longue et difficile. Notre objectif reste intact : limiter l’immixtion du religieux au sein des services publics, réaffirmer et protéger la neutralité de l’Etat", a enfin souligné la formation amarante.

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