Nethys: "le casse du siècle"

Les propos ne sont pas tendres : "Le casse du siècle s’est déroulé au nez et à la barbe du gouvernement wallon, Moreau et sa bande étaient dans la banque et ils se sont servis". Ce sont les mots ce matin de François Desquesnes, le chef de groupe cdH au Parlement wallon. On a appris ce matin que quatre administrateurs de Nethys, dont Stéphane Moreau se sont partagés au total 18,6 millions d’euros (dont 11,63 rien que pour Stephan Moreau). Des paiements dont la majeure partie a été effectuée le 9 octobre dernier, soit 3 jours après l’annulation, par le gouvernement wallon, des cessions par Nethys de ses 3 filiales Voo, Elicio et Win.

Même indignation du côté du PTB. Damien Robert, qui est administrateur du parti à Enodia, la maison mère de Nethys, parle de vol d’argent public et a décidé de porter plainte ce matin contre "Stéphan Moreau et sa bande au commissariat de la rue Natalis à Liège".

Mais au-delà de l’indignation, sur les montants et la méthode utilisée pour contourner le plafond légal de rémunération dans la sphère publique, François Desquesnes et Damien Robert pointent aussi les responsabilités politiques. "Les plus hauts responsables des fédérations liégeoises des partis traditionnels, sont et ont été au courant de ce qui s’est passé tout au long de ces semaines, mois et années. Elles ont à tout le moins laissé faire et sont donc complices à des degrés divers". Pour Damien Robert, la responsabilité des dirigeants de ces partis est donc clairement engagée : " N’oublions pas que ce sont ces partis qui ont nommé les administrateurs de Nethys qui ont organisé ce hold-up. Ce sont eux aussi qui ont laissé le management de Nethys en place, malgré les recommandations de la Commission d’enquête et lui ont même fait signer une clause de rétention. "

"Ce casse du siècle, il est incompréhensible qu’on ne l’ait pas prévu, d’autant que le gouvernement, avec le décret gouvernance, avait les moyens d’agir", explique pour sa part François Desquesnes. "Aujourd’hui, il est trop tard. Un commissaire spécial aurait dû être envoyé dès l’annonce de l’annulation des ventes. Je regrette que l’exécutif ait laissé passer cette occasion".

L’administration va se pencher sur l’opportunité d’annuler les décisions

Le dossier Nethys était une nouvelle fois au menu du gouvernement wallon ce matin. Le gouvernement a décidé de se porter partie civile dans le dossier Enodia-Nethys. Il invite le conseil d'administration d'Enodia ainsi que la province de Liège et les communes associées à s'associer à sa démarche. Un conseil d’administration d’Enodia est prévu cet après-midi. En attendant, les informations que le ministre des pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne a reçues hier concernant les indemnités octroyées aux anciens membres du comité de direction de Nethys, Stéphane Moreau, Pol Heyse, Bénédicte Bayer et Diego Aquilina, ont été transmises au juge d’instruction afin d’être versées au dossier de la procédure judiciaire en cours. Quant à l’administration, elle va se pencher sur l’opportunité d’annuler les décisions prises en la matière, a encore indiqué Pierre-Yves Dermagne.

Un conseil d’administration d’Enodia est prévu cet après-midi. Il devrait notamment acter la désignation de l'échevine socialiste à la Ville de Liège, Julie Fernandez-Fernandez à la présidence de l'intercommunale, en remplacement de Muriel Targnion.

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