Nemmouche-Bendrer : ultimes plaidoiries pour tenter d'échapper à la perpétuité

Nemmouche-Bendrer : ultimes plaidoiries pour tenter d'échapper à la perpétuité
Nemmouche-Bendrer : ultimes plaidoiries pour tenter d'échapper à la perpétuité - © IGOR PREYS - BELGA

En condamnant jeudi les deux hommes comme auteur et co-auteur d'un attentat terroriste, les jurés ont placé pénalement Medhi Nemmouche et Nacer Bendrer sur un pied d’égalité. 

En théorie, la Cour d’assises peut leur infliger la même peine, à savoir la réclusion à perpétuité. Mais l’accusation lors du débat sur les peines devrait en toute logique établir une différence entre les deux hommes. 

Pourquoi ? Lors du réquisitoire, l’accusation a considéré Nacer Bendrer, comme le complice de Medhi Nemmouche, elle ne l’a donc pas placé sur pied d’égalité. 

Et puis, si on s’en tient aux faits, Nacer Bendrer n’était pas à l’intérieur du musée, il n’a pas tiré. Il a néanmoins fourni les armes en sachant la radicalisation de Medhi Nemmouche, il devait supposer qu'il s'en servirait dans un but précis.

Sa responsabilité est dès lors très lourde.  Mais l’accusation devrait logiquement requérir pour Bendrer une peine inférieure à celle de Medhi Nemmouche.

Les plaidoiries sur la peine et ensuite une ultime délibération 

Demain matin, les avocats des deux condamnés vont tenter de mettre en évidence des éléments de leur passé pour tenter d'infléchir la sévérité des peines. 

Mais on voit difficilement comment Medhi Nemmouche échappera à la réclusion à perpétuité étant donné la gravité des faits: quatre assassinats commis de sang froid dans un contexte terroriste. 

A cela s'ajoute ses tentatives de manipulation de la justice tout au long de l'enquête et encore lors du procès. Le droit au silence (DAS) qu'il a si souvent utilisé ironiquement pour défier les policiers risque aujourd'hui de se retourner contre lui. En se cantonnant dans le déni, il ne peut par ailleurs laisser apparaître aucun regret, aucune volonté d'amendement.

Seul Nacer Bendrer à la lecture du verdict semble avoir perçu la gravité des gestes qu'il a posés. Une prise de conscience sans doute tardive mais qui peut lui permettre d'espérer échapper à la réclusion à perpétuité notamment en raison de son jeune âge et de son absence de participation directe aux quatre assassinats. 

Après les plaidoiries sur la peine, les jurés devraient se retirer ensuite avec les magistrats de la Cour pour délibérer. Sans qu’on sache pour l’instant le moment où le prononcé sera communiqué à l’audience.

Journal télévisé 08/03/2019

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