Négociations wallonnes : qui se cache derrière la société civile?

La société civile désigne les associations, groupes de pression, syndicats,... Ces acteurs ont l'habitude de faire part de leurs revendications au monde politique. Ecolo et le PS veulent associer davantage ces acteurs, les consulter lors de la formation du prochain gouvernement. Et à ce stade, difficile de dire qui dans la société civile fera partie de cette équipe chargée d'aider à la rédaction du programme de gouvernement wallon.

Consulter la société civile, ce n’est pas nouveau

L'idée n'est pas neuve. En 2009 par exemple, le gouvernement PS-cdH-Ecolo avait déjà largement consulté les acteurs de la société civile pour son plan climat-environnement. Une expérience jugée concluante par Francis Carnoy, directeur général de la Confédération Construction wallonne, même si à l'époque, la majorité en place était bien majoritaire et pas minoritaire. "Ce sont des démarches normales. Mais évidemment, le politique garde le dernier mot, la prérogative de la décision finale", explique Francis Carnoy. Mais ici, Ecolo souhaite aller un pas plus loin et associer la société civile à la rédaction de la déclaration de la politique régionale. Un pas de trop pour Francis Carnoy: "Aider à la rédaction, beaucoup d’acteurs le font déjà depuis plusieurs législatures. Mais la rédaction elle-même et l’approbation d’un texte par le Parlement, cela, ça relève de la responsabilité du politique, pas des acteurs de la société civile". Et d’ajouter: "Nous sommes prêts à conseiller les politiques mais pas à prendre de décision politique officielle".

" On a instrumentalisé plusieurs fois les associations "

Pour Luc Goffinet, chargé de la politique vélo au Gracq, pas question de servir de caution ou d'être instrumentalisé comme c’est arrivé par le passé: "On a eu deux expériences dans le passé où le ministre n’était pas là du tout pour écouter les propositions de l’associatif mais pour dire à l’associatif ce qu’il devrait faire pour mettre en oeuvre ses idées et sa politique. Ça, c’est clairement le monde à l’envers. On a instrumentalisé plusieurs fois les associations pour aller dans le sens de la volonté du politique".

Régis François, président de l'asbl "Touche pas à mes certificats verts" partage cet avis : "Paul Furlan a bien tenté de faire appel à nous mais uniquement dans son propre intérêt. C’était le gros souci avec Paul Furlan. Ensuite il a démissionné et on a eu le ministre Lacroix qui était un ministre de transition avant que Jean-Luc Crucke ne reprenne le dossier il y a un an et demi. Nous avons alors été un peu plus écouté mais sans résultat. Aujourd’hui, les résultats ne sont toujours pas là pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques".

Et de poursuivre: "Jean-Marc Nollet doit également faire son mea culpa. Je n’ai jamais entendu d’excuses de sa part. Je pense que c’est un formidable travailleur mais c’est également une personne qui doit, de temps en temps, se remettre en question". 

Un ministre issu de la société civile ?

Au contraire de Francis Carnoy, l’idée séduit certains notamment Luc Goffinet: "On trouve que c’est une bonne chose parce qu’il y a de l’expertise dans la société civile. Un politicien n’a pas forcément l’expertise du portefeuille qu’il reçoit." Par contre, pour Luc Goffinet, cette personne devrait avoir certaines qualités: "Si un ministre est issu de la société civile, il faut aussi qu’il soit doté d’une écoute et qu’il ait le sens de la concertation sinon on va retomber sur quelqu’un qui va décider en fonction de ses compétences à lui, de son idée, de sa vision. Et ça, ce n’est pas du tout ce qu’on souhaite.", poursuit-il.

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