Négociations pour un gouvernement en Flandre, enlisement au fédéral : Bart De Wever s'explique

Négociations pour un gouvernement en Flandre, enlisement au fédéral : Bart De Wever s’explique
Négociations pour un gouvernement en Flandre, enlisement au fédéral : Bart De Wever s’explique - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

 

Alors qu’au sein de la N-VA, Bart Dewer vient de passer la main à son collègue Jan Jambon pour tenter de former un gouvernement Flamand, l’informateur flamand a répondu aux questions de la RTBF. Il s’explique sur ses choix en matière de coalition pour la Flandre. Et comme il sera désormais l’interlocuteur choisi par la N-VA pour discuter au niveau fédéral, Bart De Wever constate le peu d’avancées obtenues par le duo d’informateurs Vande Lanotte-Reynders.

Au niveau flamand, pourquoi tenter une coalition N-VA – CD & V – Open Vld ?

" Après les élections, explique Bart De Wever, on a cherché une coalition cohérente au niveau flamand. On a voulu tenir compte du résultat des élections. Mais on a constaté que c’était impossible d’achever une coalition de majorité avec le Vlaams Belang qui est malheureusement le seul gagnant des élections. Depuis on a cherché la formule la plus cohérente possible au niveau flamand et c’est la Suédoise. On a eu déjà beaucoup de pourparlers sur le contenu avec les deux partenaires pour écrire une note de formation qui a été acceptée comme base de formation par les deux autres. Donc, on entre dans la phase de formation du gouvernement flamand. "

Bart De Wever aurait-il préféré gouverner avec le Vlaams Belang ?

" Je n’ai pas dit que je préférais une autre formule. La formule qui se présente aujourd’hui, est la seule possible. Et elle est cohérente. C’est le message principal. Les pourparlers avec le Vlaams Belang ont eu pour seul but de tenir compte du résultat des élections. Cela me semble être une attitude démocratique de tenir compte de ce que l’électeur a voulu ", répond Bart De Wever.

Si la note flamande semble ferme sur l’intégration et l’immigration, c’est pour se protéger des attaques du Belang ?

" La note donne clairement une réponse au signal qui a été donné par l’électeur flamand. Ce qui me semble assez normal. Ceci dit, la note parle aussi d’une Flandre chaleureuse, inclusive. Donc, vous ne pouvez pas dire que la note est une note qui correspond au contenu du Vlaams Belang, pas du tout ", répond Bart De Wever.

La N-VA craint-elle que le Belang devienne son pire cauchemar ?

" L’extrême droite est toujours un cauchemar, dans chaque pays européen pour l’instant. On doit tenir compte de ce que l’électeur veut, mais c’est mon devoir aussi de donner à la Flandre un gouvernement. Donc, si une coalition avec le Belang est impossible, il reste à former un gouvernement qui est le plus cohérent possible ", rétorque Bart De Wever.

Le risque est-il de voir le Belang encore plus important en 2024 ?

" En cinq ans, on va bien voir ce que sera le résultat. Si on donne une bonne gestion à la Flandre, on peut être optimiste. Ceci dit, il y a encore le niveau fédéral et je pense, par rapport à l’immigration, à la politique de sécurité, que là, les clés les plus importantes pour regagner la confiance des électeurs pour l’extrémisme, soit de l’extrémisme de droite ou de gauche, comme en Wallonie, que les clés sont là "., explique Bart De Wever.

Pourquoi Jan Jambon formera le gouvernement flamand et pas Bart De Wever comme prévu ?

" Malheureusement, on a perdu les élections le 26 mai. On aurait voulu avoir 30%. On n’en a que 25 donc ça rend beaucoup de choses impossibles. La formule suédoise au niveau fédéral n’est plus possible, c’est malheureux. Et dans ce contexte, on a changé le casting de notre parti. Le parti a voulu que je me focalise dans le temps qui vient sur le niveau fédéral et les négociations qui sont là, puisque j’ai le plus d’expérience au niveau fédéral, concernant les négociations ", explique M. De Wever.

La N-VA pense-t-elle ne plus être dans le prochain gouvernement fédéral ?

" Je viens de vous dire que je vais me focaliser sur le niveau fédéral. J’espère que pour vous, cela ne veut pas dire qu’on abandonne le niveau fédéral, bien au contraire ", répond Bart De Wever. " On va bien voir ce qu’il est possible (ndlr : de faire). Malheureusement, 70 jours après les élections, on attend encore la première conversation avec le PS. Nous sommes le premier parti du pays, le Vlaams Belang est le deuxième et le PS est le troisième parti, si je ne me trompe pas. Si on met le Vlaams Belang à l’écart, ce sont le PS et la N-VA qui doivent rendre clair ce qui est possible et impossible. Je ne dis pas que des choses sont possibles avec le PS mais je ne le sais pas parce qu’ils refusent chaque conversation là-dessus depuis le 26 mai ", constate le leader de la N-VA.

Quel futur gouvernement fédéral ?

" C’est impossible à dire ", répond Bart De Wever. " J’apprécie beaucoup le travail excellent de messieurs Vande Lanotte et Reynders, mais cela ne m’empêche pas de constater qu’après 70 jours, on n’a pas eu un entretien vraiment important. On va probablement passer les 100 jours sans avoir des négociations "relevantes". Et ça, c’est du neuf. Dans les années 80, Monsieur Dehaene a dit au Roi " Donnez-moi 100 jours " et cela a été considéré comme une crise incroyable. Maintenant, on vit dans un pays où même 100 jours sont nécessaires pour avoir un premier entretien ".

 

 

 

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