Négociations fédérales: réunion à six annulée et bisbrouille entre les protagonistes

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Le président du sp.a Conner Rousseau tant convoité par les présidents du MR, de l'Open VLD et du CD&V dans le cadre des négociations en vue de former un gouvernement fédéral © BELGA - Laurie Dieffembacq

Ce lundi aurait pu être le début d'une nouvelle étape dans les négociations en vue de former un gouvernement fédéral. C'est en tous cas ce que pensaient certains présidents de parti à l'heure du petit déjeuner. Le trio formé des présidents des partis gouvernementaux, Georges-Louis Bouchez (MR), Egbert Lachaert (Open VLD) et Joachim Coens (CD&V), avaient en tête de réunir à leurs côtés les présidents du sp.a, du cdh et de la N-VA. Une grande réunion à six, les six partis susceptibles de former une coalition "Arizona"! Une première depuis le travail entamé à la mi-juin par le trio MR-Open VLD-CD&V. L'objectif était clair: rapprocher les points de vue, s'accorder - si pas sur l'ensemble - au moins sur quelques pistes sérieuses, et ainsi donner - espérait-on dans les états majors de certains partis - un coup d'accélérateur au travail entamé depuis la mi-juin par le trio. C'était donc le scénario espéré ce matin. Mais c'était sans compter sur le refus des personnes invitées.

Une invitation qui fait pschitt

A l'heure d'avaler leur café - pas nécessairement le premier de la journée -, les présidents du MR, de l'Open VLD et du CD&V, pouvaient entendre Maxime Prévot sur les ondes de La Première. Le président du cdh expliquait avoir été convié aux discussions il y a quinze jours mais que depuis, c'était "silence radio". "Je dois bien partager quelques interrogations sur la méthode", déclarait le président du cdH qui rappellait n'avoir reçu aucune note à ce stade. Interrogé sur les suites des négociations, Maxime Prévot lançait: "Si on est avancés, je l'ignore". De quoi faire avaler à certains présidents de parti leur café de travers. 

Au fil des heures de la matinée, les informations qui nous arrivaient des états majors des partis concernés, laissaient entendre que, si cette réunion se tenait, ce ne serait pas à six. "Rapidement, on a su que le sp.a ne viendrait pas" nous confie une source. Certains partis voulaient tout de même maintenir la réunion, d'autres pas. "A quoi bon se réunir si le sp.a n'est pas autour de la table?", nous explique-t-on.

Fin de matinée, le couperet tombe: la réunion est annulée. Place alors, comme souvent, aux explications de chacun des protagonsites. Sur Twitter bien sûr, histoire de faire savoir au plus grand nombre ce qui se passe en coulisses. 

Ainsi, pour le président du MR Georges-Louis Bouchez, l'annulation de cette réunion est à mettre à charge du président du sp.a Conner Rousseau qui "a refusé l'invitation".

Le président du CD&V Joachim Coens préfère citer Winston Churchill.

Pointé du doigt, le sp.a a réagi, expliquant ne pas apprécier la tournure que prennent les événements. Son président Conner Rousseau a rencontré samedi le trio présidentiel. Lors de cette réunion, le socialiste a précisé qu'il attend des garanties sur la note qu'il leur a transmise, notamment un renforcement du secteur des soins de santé et une plus grande contribution fiscale des grosses fortunes et des multinationales. "Nous n'allons pas participer à Blind Gekocht (Lisez "Acheté à l'aveugle", le titre d'une célèbre émission télévisée au cours de laquelle les participants achètent une maison que l'on a choisie pour eux)" explique-t-on au siège du sp.a.

"Une simple réunion informative", vraiment?   

Au siège du CD&V, on nous précise qu'il s'agissait d'"une simple réunion informative" pour permettre aux autres partis de prendre connaissance des points de vue de chacun. "Le choix de cette rencontre plénière s'explique car il nous paraissait inutile de poursuivre des entretiens bilatéraux".

Sur Twitter toujours, le président des libéraux flamands, Egbert Lachaert, a tenu à préciser ceci: "Aucun nouvel entretien bilatéral n'a été promis aux socialistes. On a bien expliqué pourquoi. Cela ne serait pas équitable pour les autres partenaires potentiels, qui avaient beaucoup moins de contacts avec les trois présidents".

Retour aux réunions bilatérales

Selon le trio présidentiel, le terrain paraissait prêt pour une première réunion plénière. "Par le passé, ce travail de préparation avec des notes de base n'existait pas, ajoute Georges-Louis Bouchez. Pour cause: impossible d'avoir un document qui fasse accord sans le négocier en plénière. À force de faire des navettes entre les uns et les autres, il est matériellement impossible d'atterrir".

407 jours après les élections, le chrono des négociations fédérales peut donc continuer à tourner... jusqu'à la prochaine étape qui sera - qui sait - peut être plus constructive.

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