Négociations fédérales : la presse flamande se déchaîne sur Georges-Louis Bouchez

Négociations pour un gouvernement fédéral : au lendemain de l’échec, Georges-Louis Bouchez est le nom le plus cité dans la presse
Négociations pour un gouvernement fédéral : au lendemain de l’échec, Georges-Louis Bouchez est le nom le plus cité dans la presse - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

C’est assez flagrant à la lecture des analyses politiques dans la presse ce mardi. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez est probablement celui dont on parle le plus pour incarner l’impasse dans laquelle les négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral sont depuis lundi soir.

Le Sarkozy de la rue de la Loi 

"Georges-Louis Bouchez, le bouc émissaire trop parfait", analysent les quotidiens du groupe SudPresse. C’est vrai que dans la presse du nord du pays, on se déchaîne plutôt sur le Montois. 

"Est-il fou ou est-il génial ?", se demande à son sujet Het Belang van Limburg. Le quotidien limbourgeois poursuit et parle de Georges-Louis Bouchez comme d’un "maître en sabotage, le Sarkozy de la rue de la Loi qui se voit plus grand qu’il n’est". Pour ce quotidien, le président du MR est plus à ranger du côté du problème que du côté de la solution. "Une personne pensant normalement se remettrait en question, mais visiblement, la réflexion sur soi-même n’est pas son point fort", écrit, avec la force d’un missile Scud, le journaliste Timmie van Diepen et il poursuit : "Il est grand temps pour Bouchez de retirer son masque tricolore de ses yeux. Le morceau de tissu l’aveugle et mène, non seulement cette coalition, mais aussi le pays directement dans l’abîme".


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Dans Het Nieuwsblad, la personne de Georges-Louis Bouchez "était devenue un problème insurmontable" car, écrit le quotidien, il complique les négociations : "L’homme avait rendu la tâche impossible à tous les partis non-libéraux, en revenant sur ce que les autres considéraient comme terminé". Et le quotidien flamand, cite une source socialiste, "mieux vaut négocier avec Trump qu’avec lui".

Il offense les autres

Le manque d’expérience politique, la mauvaise connaissance du néerlandais ont été pointés du doigt ces derniers jours, ce qui fait dire à Het Nieuwsblad que "ce n’est par parce que Bouchez a enregistré des succès à Mons, qu’il doit lui-même essayer de se profiler tout de suite aussi fort au niveau national". Si les excellences du MR occupent actuellement de nombreux postes politiques, ce n’est pas grâce à Georges-Louis Bouchez, explique Het Nieuwsblad, "c’est un héritage de ses prédécesseurs".

Het Laatste Nieuws, lui, épingle les interviews qu’accorde George-Louis Bouchez, un président médiatique, médiatisé, "donnant continuellement des interviews dans lesquelles il offense les autres", écrit le quotidien. "Il fait rage comme un éléphant dans un magasin de porcelaine", écrit aussi Het Laatste Nieuws. Pas plus tard que cette semaine, le président du MR a accordé une longue interview à l’hebdomadaire Humo. Georges-Louis Bouchez y répond que Sophie Wilmès sera la première ministre du futur gouvernement. Cette interview a visiblement agacé les représentants des autres partis négociant la coalition "Vivaldi". Dans cet article, le magazine Humo met en avant le côté "sûr de lui" de Georges-Louis Bouchez en titrant par une citation du président du MR : "Il y a un an, je n’étais personne et Bart De Wever était le grand stratège. Regardez maintenant". Une interview qui, pour De Morgen est "la goutte de trop".

Het Gazet van Antwerp s’interroge pour l’avenir, en supposant que la coalition Vivaldi voie le jour : "Est-ce une bonne nouvelle ? Georges-Louis Bouchez est toujours président du MR. Alors qu’il réussit, en pleine phase finale de ces négociations, après un an et demi de crise politique, à brusquer ses partenaires en ce très délicat moment, que peut-on espérer pour les années à venir ?", écrit le quotidien anversois, tout en reconnaissant qu’autour de la table, le président du MR n’est pas le seul à recourir à des manœuvres stratégiques.

Des critiques aussi dans la presse francophone

La presse francophone, est un peu moins acerbe envers Georges-Louis Bouchez, mais elle l’épingle aussi.

Sud-Presse en fait le "bouc émissaire idéal". Pour La Libre Belgique, pointer l’attitude de Georges-Louis Bouchez relève d’une technique connue : "On décrédibilise un adversaire pour l’empêcher d’obtenir gain de cause dans la négociation", écrit La Libre Belgique. Le président du MR paierait "son acharnement à refuser des propositions fiscales excessives, voire dangereuses (l’accès du fisc au compte privé des indépendants, par exemple)", écrit La Libre. Cela dit, La Libre relève aussi l’attitude de Georges-Louis Bouchez, "ses retards, son obsession de la communication, sa connaissance approximative du néerlandais, son incapacité à nouer des compromis, sa versatilité" qui nuisent à la négociation.

Pour le Soir, Georges-Louis Bouchez "ne fait rien que d’embêter les autres, arrivant en retard, pianotant sans arrêt sur son portable, donnant des interviews peu nuancées en pleine période sensible, parlant si peu le néerlandais, se rétractant d’accords qui semblaient acquis". Il est aussi présenté comme un "joueur de Poker accro". Le Soir cite une source "bleue" : "Il marque des points puis, au lieu de s’en tenir là, il refait tout de suite un truc qui annule la moitié de ses gains", écrit le Soir qui se demande : "Joueur de Poker accro, Bouchez pourra-t-il s’arrêter ?".

Dans l’Echo, il est question du "problème (de) Georges-Louis Bouchez".  Le quotidien énumère toutes les difficultés relevées ces derniers jours par les négociateurs fédéraux. "Plus personne au sein de la -moribonde- coalition Vivaldi ne se cache vraiment encore pour dénoncer son attitude", écrit l’Echo.

En dressant le portrait du président du MR, Sud-Presse évoque un "hyperactif, fonceur comme un bolide de Formule 1, son sport de prédilection", un "hyperdoué, au style plus que direct qui casse les codes de la politique". Sud-Presse cite Georges-Louis Bouchez lui-même : "On ne peut pas vouloir des jeunes en politique pour qu’ils apportent de la nouveauté et leur demander d’agir comme leurs prédécesseurs", avait déclaré le président du MR.

 

La Dernière Heure lance un avertissement : "Le Sarko belge risque de finir comme lui", écrit ce quotidien. "Omniprésent en télé, radio, presse écrite, web, il occupe le terrain. Le MR de papa, c’est du passé", poursuit la DH. Le même journal conclut : "Après moins d’un an de présidence, la majorité des qualités qui lui sont reconnues (même par ses adversaires) ont tendance à se muer en défauts […] Il est passé en un temps record du Sarkozy version neuve, volontariste et moderne au Sarkozy liquidé par le peuple français et finalement lâché par les siens", une sorte d’avertissement envoyé au président du MR.

Journal télévisé 21/09/2020

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