Négociations fédérales : l’option du "reboot" à nouveau en échec à cause du CD & V

Les téléphones ont chauffé toute la journée de jeudi, dans les états-majors des partis politiques occupés sur le front fédéral. Dès le matin, bruissaient des bruits sur une "accélération" soudaine de la mission royale du duo Sabine Laruelle/Patrick Dewael. Certains optimistes évoquaient même un passage par le Palais royal pour changer les termes de la mission. Et puis patatras, le CD & V a brisé ce nouveau scénario de sortie de crise, ce "reboot".

C’est quoi le "reboot" ?

On vous en avait parlé il y a quasi un mois, lors de la mission de Koen Geens. Le "reboot" (redémarrage en anglais), c’est un remix de la "coalition Vivaldi", un terme – imaginé au MR - qui ne passe guère en Flandre. Le "reboot", c’est partir du gouvernement fédéral actuel (MR, Open VLD, CD & V) auquel se greffent plusieurs partis (les familles socialistes et écologistes) pour former un nouveau gouvernement, avec un nouveau programme. Ce "reboot" bénéficierait d’une majorité au Parlement, de quoi donc repartir de plus belle jusqu’à la fin de la législature.

Ce scénario avait fait long feu en février. Remis sur la table par le duo Laruelle/Dewael, un certain vent d’optimisme a soufflé ce jeudi, dans la plupart des partis pressentis pour composer la coalition "reboot". Le duo royal a formalisé sa méthode de travail en proposant 4 gros paquets : le budget, le coronavirus, l’institutionnel et l’éthique.

Difficile à passer à côté du budget, bien entendu, et des fameux 12 milliards à trouver. Le point coronavirus est intéressant, et peut sembler être le parfait "prétexte" pour accélérer la mise en place d’un gouvernement sans la N-VA. Les deux derniers dossiers sont taillés pour le CD & V, Koen Geens s’est d’ailleurs fendu d’un long texte sur la nécessité d’une nouvelle réforme de l’Etat : "Aujourd’hui, la Belgique doit à nouveau trouver le courage de créer cinquante ans d’avenir, comme elle l’a fait entre 1970 et 1980. Ce fut pourtant une des périodes économiques et budgétaires les plus difficiles que le pays n’ait jamais connue. Ce dont nous avons besoin, c’est un menu clairement défini, un calendrier strict et un processus clair."

Finalement, comme l’explique une personne présente à la table des négociations, ce jeudi, "on n’est pas passé loin". Le CD & V a prévenu qu’il ne se rendrait pas à la réunion plénière prévue ce samedi, entre les 7 partis de la potentielle coalition "reboot" : "C’est trop tôt pour nous" …

Le "reboot" ou les élections ?

Nouvel échec donc, en tout cas à court terme. La possibilité de voir rapidement la mission royale évoluer vers une (pré) formation n’est plus à l’ordre du jour. Le duo Laruelle/Dewael devrait se rendre au Palais royal ce lundi, pour faire état de l’évolution de sa mission. Les deux présidents d’assemblée pourraient-ils demander une prolongation ? On ne voit guère d’autres scénarios réalistes. Tout se joue, encore et toujours, au 89 rue de la Loi, siège du CD & V, comme l’explique cet insider : "Il n’y a plus aucun scénario où le CD & V ne perd pas la face. Ils auraient pu monter dans un gouvernement Vivaldi, dans une coalition "reboot", se servir du prétexte coronavirus, faire un gouvernement d’urgence. Mais ils ne l’ont pas fait. Donc, peu importe ce qu’ils feront, ce sont eux qui devront mettre genou à terre : soit les élections, soit un gouvernement sans la N-VA."

Sujet du JT du 20/02/2020

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